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Clara (Master Littérature française) - "Le Hobbit".

« Si Le Hobbit m’était conté... »

« Dans un trou vivait un hobbit  »... Ainsi commence le récit des aventures de Bilbo Baggins, et ainsi commence notre voyage, au côté du semi-homme, dans l’univers de Tolkien.

Le lecteur, probablement installé dans un fauteuil moelleux s’identifiera aisément à Bilbo Baggins, hobbit des plus respectables, n’aspirant qu’aux plaisirs simples de la vie et fuyant les aventures ! 
Mais c’était sans compter sur son « côté Took », cette petite flamme aventurière qui ne demandait qu’à être attisée par la visite surprise d’un magicien à barbe grise et une compagnie de treize nains en quête de leur ancien trésor, farouchement gardé par Smaug le dragon.

Sans comprendre comment, voilà Bilbo jeté sur des routes inconnues ! De trolls en gobelins, d’araignées géantes en dragons, vous voilà engagés dans une aventure inattendue, véritable rite initiatique pour celui qui n’est, après tout « qu’un minuscule individu dans le vaste monde ».

« Dans un trou vivait un hobbit »... Chaque fois que j’entends ces mots, je retrouve une voix qu’on n’entend plus assez à mon goût : celle du conteur. C’est cette voix, pleine d’humour et de chaleur, qui maintient en haleine les petits et les grands. Retrouver cette littérature de la voix, c’est oublier, pour un temps, notre rapport critique d’adulte à la lecture, pour retrouver le plaisir primitif d’écouter des histoires merveilleuses.

Mais au-delà de la voix du conteur, on entend, déjà, résonner la beauté des langues, des mythes et des paysages créés par Tolkien, qui façonneront l’ensemble de son œuvre. On se plaît à découvrir, en suivant l’itinéraire de Bilbo sur les cartes, une partie du vaste univers modelé par le démiurge de génie qu’était Tolkien. En cela, Le Hobbit est une magnifique porte d’entrée dans l’univers de l’auteur, une porte d’entrée « tout à fait ronde comme un hublot, peinte en vert, avec un bouton de cuivre jaune bien brillant, exactement au centre …. ».

Alors ? Le Hobbit, conte pour enfant ? Peut-être. Mais pas uniquement.

Car c’est une belle histoire que celle d’un jeune être qui, après avoir eu le courage de quitter le connu pour l’inconnu, revient en son pays, à jamais changé, et se fera écrivain et conteur de sa propre histoire.

À chaque fois que je referme Le Hobbit, je retrouve l’énergie de l’enfance, mon « côté Took » et je ressens l’envie de me lancer dans une belle et grande aventure. Et comme Bilbo, lorsque je reviendrai, je me ferai peut-être conteuse, qui sait.... En un mot, lire Le Hobbit quand on a vingt ans, c’est redevenir un enfant pour mieux devenir adulte.

« Ceci est le récit de la façon dont un Baggins eut une aventure et se trouva dire et faire les choses les plus inattendues. Il se peut qu’il y ait perdu le respect de ses voisins, mais il y gagna... eh bien, vous verrez s’il y gagna quelque chose en fin de compte  »