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Feu ! Chatterton en Sorbonne

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Avant d’être nommés dans la catégorie "Révélations scène" aux Victoires de la musique 2016, les membres du groupe Feu ! Chatterton ont étudié à l’Université Paris-Sorbonne.
Ils reviennent sur leur souvenirs d’étudiants à l’occasion d’un concert privé qu’ils ont donné le 19 janvier 2016 en Sorbonne, dans l’amphithéâtre Richelieu. Leur visite, organisée par le service culturel pour les les étudiants et personnels de Paris-Sorbonne, a été retransmise en direct sur ARTE.

 

  • Vous jouez ce soir en Sorbonne, dans l’amphithéâtre Richelieu. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?


Sébastien : Tous les trois, on a étudié à des moments différents à Paris-Sorbonne. Moi c’était en 2009-2010, en L3 de Philo, je faisais de la Physique et je venais là pour profiter des cours de la Sorbonne, comme ceux d’Alexander Schnell qui est prof de phénoménologie, vraiment c’était des cours super ! Sinon, à la Sorbonne plus directement, j’ai des souvenirs du mouvement LRU qui a eu lieu l’année d’avant et où il y a eu beaucoup d’occupation, ça a été un peu le lieu de rencontre. Donc la Sorbonne, au-delà des études, ça a été un lieu important qu’on connaît tous de près ou de loin.

Raphaël  : L’amphi Richelieu, c’est une image noble de la Sorbonne. En même temps c’est l’amphi de la LRU, de quelques années de blocage et de révolte étudiante, donc c’est à la fois très noble et très rock’n’roll et ça nous plaît !

Arthur : Pour moi, et je pense pour tous aussi, c’est un lieu de majesté. C’est un lieu qui rend la chose pesante, dans le bon sens. Il est chargé d’Histoire. Il paraît qu’il y a un escalier secret qui donne sur le toit de la salle...

 

 

  • Votre musique est souvent qualifiée de "littéraire". Si elle devait être la bande sonore d’un livre, lequel choisiriez-vous ?

 

Arthur : Les détectives sauvages, de Roberto Bolaño, un auteur contemporain latino-américain. […] Il y a à la fois quelque chose de la tradition littéraire classique, imprégnée du roman à la Balzac, et en même temps tout un héritage du réalisme magique latino-américain qui prend ses forces dans le surréalisme, dans la rêverie, le fantasme… J’aime ce double-sens là.

 

 

 

  • Comment s’est faite la transition entre votre vie d’étudiant et votre carrière musicale ?


Sébastien : Les choses se sont faites de manière hasardeuse mais se sont bien enchaînées, on a eu de la chance. On était en train de finir nos études, et c’est à ce moment-là qu’on a commencé à intéresser le milieu professionnel de la musique et qu’on s’est retrouvés sur les routes. Je ne sais pas s’il faut faire autant d’études que nous pour faire de la musique... Je pense que d’une manière ou d’une autre on a perdu du temps, de la spontanéité, mais d’un autre côté ça nous a permis de gagner en maturité.

 

  • Quel souvenir gardez-vous de vos études ? Que vous ont-elles apporté ?

 

Arthur  : Ce qu’on apprend ça rend curieux, ça permet d’exercer la pensée. Ça donne de l’inspiration. Il y a toujours un petit moment en classe, où l’on s’ennuie, même si le cours est intense et intéressant. Ce moment d’ennui c’est aussi un prétexte pour imaginer une mélodie, un accord ou un bout de texte. Je suis très heureux de m’être ennuyé en classe, parce que ça a fait germer pas mal d’idées idiotes qui ont donné des chansons.

Raphaël : Il faut profiter de la stimulation intellectuelle. Notre cerveau ne s’est jamais autant nourri que pendant cette période-là. Quand on sort des études, quel que soit le métier qu’on a à faire, le cerveau s’amollit un peu… les sources de nourriture intellectuelle sont beaucoup moins fréquentes… et pas qu’intellectuelles (rires). Rétrospectivement, c’est quand même des super années. Donc mangez bien, mangez des bouquins, des cours et allez faire la teuf !