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Intervention de Sophie BERLIOZ

 
Sophie Berlioz est docteure en philosophie et consultante en stratégie sociale.
 
Sophie Berlioz, part de sa conviction que pour comprendre un monde, il faut l’expérimenter et pas seulement l’observer. Cependant la question se pose : La philosophie est-elle compatible avec la finalité et la dynamique de l’entreprise ? Des constats sont faits pour y répondre.
 
- Premier constat : celui de l’irréductible tension entre philosophie et entreprise. Celle-ci se trouve au niveau des finalités, de la temporalité : « La philosophie est l’anti-business par excellence ». C’est une activité intellectuelle, un cheminement qui consiste à s’abstraire du monde pour le penser et qui présuppose : un travail épistémologique, une temporalité qui n’est pas dictée par des objectifs de rentabilité, un exercice qui ne s’évalue pas par tâches, un désintéressement doublé d’une liberté de penser
fondamentale.
 
 
 
- Deuxième constat : les outils philosophiques sont un apport de compétences dans l’entreprise. Des capacités d’abstraction pour penser la complexité, d’analyse du discours et du savoir, d’interprétation des représentations, des comportements et des croyances, de compréhension des découpages conceptuels implicites. Un apport de compétences, en somme, détaché de l’exercice philosophique décrit dans le premier constat.
 
- Troisième constat qui est une hypothèse : Le conseil serait une synthèse possible entre philosophie et entreprise. Sa pratique consiste en une prise de recul inhérente à la posture tierce, garante de neutralité, d’objectivité et propice à la prise de recul. Elle implique la pratique du questionnement, de la reformulation et de la pédagogie.