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La Chaire Polyre

La Chaire Polyre : l’étude de la polychromie des sociétés passées

Le programme Polyre (2014-2016) « L’Aventure POLYchrome, matérialité, REprésentation, REception » est un projet de Chaire Thématique lancé en 2014 à l’initiative de Sorbonne Universités.

Ce programme interdisciplinaire, dont les porteurs sont Philippe Walter (UMPC, LAMS) et Charlotte Ribeyrol (Paris-Sorbonne, VALE), s’articule autour du recrutement d’une chaire sénior (Philippe Jockey, professeur d’histoire et civilisation grecques, Université d’Aix-Marseille) et d’une chaire junior (Matthias Alfeld, Synchrotron DESY, Hambourg). Il s’appuie également sur une équipe de chercheurs de Paris-Sorbonne, de l’UPMC et du Muséum national d’Histoire Naturelle, dont l’objectif scientifique est de renouveler radicalement l’étude de la polychromie des sociétés passées en croisant trois concepts clés : la matérialité chromatique, la représentation esthétique et la réception des arts du passé.

Le rapport des artistes et/ou artisans à la couleur a toujours été dépendant de contraintes matérielles autour de l’usage de certains pigments et de la transmission de savoirs techniques que les sciences de la matière permettent aujourd’hui de mieux analyser. Le rapprochement inédit de textes clés (correspondances, commentaires critiques, théoriques et littéraires, ekphrasis, recettes de matière picturale) et de données scientifiques (chimie des pigments et des liants, physiologie de la perception) conduit ainsi à évaluer dans quelle mesure la pratique de la couleur s’inscrit dans la culture d’une époque.

Pour mener à bien cette réflexion croisée sur la matérialité chromatique, son rôle central dans les représentations artistiques et la réception des formes polychromes, l’équipe de Polyre s’est donné trois objets d’étude – le Paléolithique, la Grèce antique et l’Angleterre victorienne – qui convoquent tout particulièrement la littérature, l’archéologie et la chimie, trois disciplines rarement associées dans l’étude de la couleur.

Cette démarche interdisciplinaire est fondamentale car pour penser autrement la couleur à partir de données archéologiques, il faut pouvoir en mesurer l’étendue, en établir les caractéristiques physico-chimiques, avant de croiser les données recueillies avec ce que disent les textes. De nouveaux outils d’analyse chimique non invasive ont ainsi été mis en œuvre par le laboratoire LAMS (UPMC) afin de mieux interroger l’évolution de la technique des artistes et artisans en regard des développements scientifiques qui ont transformé le rapport de l’homme à la matière à ces différentes époques clé.

Analyse des pigments du tableau « The Lady of Shalott », de William Holman Hunt, Wadsworth Atheneum Museum of Art, Hartford, USA (Philippe Walter, CNRS).