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M. AURELIEN BARRAU - Anomies. Une déconstruction de la dialectique de l’un et de l’ordre, entre Jacques Derrida et Nelson Goodman.

mercredi 20 janvier 2016
à 14h
Salle des thèses - rez-de-chaussée ,
esc C - Campus Cordeliers, 15 rue
École de médecine 75006 PARIS

 

M. AURELIEN BARRAU soutient sa thèse de doctorat :

Anomies. Une déconstruction de la dialectique de l’un et de l’ordre, entre Jacques Derrida et Nelson Goodman.

 

En présence du jury :

MME COHEN-LEVINAS ( PARIS 4 )
M. CREPON ( CNRS )
M. MARTIN
M. NANCY ( STRASBRG 2 )
M. VERMEREN ( PARIS 8 )

 

Résumés :

Notre hypothèse est la suivante : pour des raisons différentes et avec des méthodes différentes, Derrida et Goodman ont, chacun, ébranlé l’un des deux piliers qui sous-tendent l’essentiel de la tradition philosophique. Derrida, par le jeu subtil de la différance, a fait vaciller la vaste entreprise de mise en ordre. Goodman, par la profusion de mondes construits et irréductibles les uns aux autres, remet en cause l’aspiration à l’unité. Nous avons tenté d’établir que la métaphysique s’est développée dans une dialectique de l’un et de l’ordre, se rétablissant sur l’un de ses pilastres quand l’autre faiblissait. Si donc les soubassements de l’histoire philosophique devaient être revisités – peut-être révisés – il serait fructueux d’user simultanément des propositions derridiennes et goodmaniennes. C’est l’originalité de ce projet. Il s’agit, pour neutraliser la récupération dialectique par l’autre pilier (par l’unité quand l’ordre faillit ou par la mise en ordre dans la multitude s’immisce) d’interroger la tradition suivant le double impératif de la déconstruction et du nominalisme, suivant le double prisme du dés-ordre de Derrida et du multiple de Goodman. Nous avons tenté d’établir que l’efficace d’une remise en cause du « mythe de l’un » ne peut se faire sans ébranler le « mythe de l’ordre ». Considérer conjointement les systèmes (ou des dé-systématisations) de Derrida et Goodman serait donc, suivant ce dessein, non seulement utile mais presque indispensable. Chacun d’eux permet d’éviter la récupération dialectique du schème de l’autre. L’étude est menée à partir d’un inconfort partagé face au concept de vérité.

 

Our hypothesis is the following : for different reasons and with different methods, Derrida and Goodman have both deconstructed one of the pillars of the Western philosophical tradition. Derrida, using the subtleties of the differance concept, has shaken the general entreprise of « organisation ». On the other hand, Goodman, by considering numerous constructed worlds that cannot be reduced one to the other, questions the desire of unity. We have tried to establish that metaphysics has developed in a dialectic articulation of order and unity, using one when the other fails. If the groundings of the history of philosophy were then to be revisited, it would be useful — if not necessary — to use simultaneously the derridean and goodmanian views. This the originality of this project. To break the dialectic mechanics using order to cure multiplicity, or the other way round, we have reconsidered the tradition using both deconstruction and nominalism, Derrida’s disorder and Goodman’s diversity. We have tried to show that the efficiency of the questioning of the « unity myth » depends on how far the « order myth » has been revised. Considering simultaneously both Derrida’s and Goodman’s systems allows to avoid the dialectic neutralisation of the proposal. The study is performed through the question of truth.

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Position de thèse