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M. FLORENT HELESBEUX - Le surplomb impossible, le paysage empêché. L’oeuvre de Jean-Loup Trassard lue à la lumière de Merleau-Ponty.

mardi 9 février 2016
à 14h
Salle D323 - Maison de la Recherche - 28 rue Serpente 75006 Paris

 

M. FLORENT HELESBEUX soutient sa thèse de doctorat :

Le surplomb impossible, le paysage empêché. L’oeuvre de Jean-Loup Trassard lue à la lumière de Merleau-Ponty.

 

En présence du jury :

M. ALEXANDRE ( PARIS 4 )  
M. BLANCKEMAN ( PARIS 3 )
M. COLLOT ( PARIS 3 )
MME DEPRAZ ( ROUEN )
MME SAINT-GIRONS ( PARIS 10 )

Résumés :

Partant du constat que les écrivains, dans leur quasi-totalité, se sont intéressés à la nature sous la forme très spécifique et très conditionnée du paysage, cette thèse cherche à situer l’originalité de l’œuvre de J.‑L. Trassard dans le fait que la vision de celui-ci refuse cette fatalité du devenir-image de la nature, en littérature. En se fondant sur une distinction phénoménologique essentielle entre image et perception, il s’agit de montrer que l’écriture de Trassard se situe du côté de cette seconde modalité intentionnelle. Or les conséquences d’un tel parti pris sont décisives, dans la manière qu’a l’écrivain d’appréhender l’espace : non pas à distance, mais au plus près, au plus ras ; non pas en surplomb sur le réel, mais dans un rapport de chiasme et d’empiètement ; non pas dans l’immobilité, mais dans l’embarquement et le mouvement ; non pas dans l’extase de la contemplation esthétique, mais dans une relation de transitivité (qui est celle du travail). Trassard, écrivain du travail de la nature, et non écrivain de la nature. Toutes ces caractéristiques d’une écriture de la perception se laissent au mieux approcher à l’aide d’une lecture attentive et serrée de l’œuvre de Merleau-Ponty. Et c’est sur les conséquences stylistiques d’un tel parti pris de la perception qu’il s’agit de se pencher finalement, à hauteur de la phrase même de l’écrivain. Enfin, cette thèse réfléchit à la singularité de l’apparition d’une telle œuvre dans la seconde moitié du XXe siècle, alors même qu’on assiste à un événement historique décisif : la sortie hors du néolithique, c’est-à-dire aussi la fin d’une certaine manière de se rapporter à la terre, aux bêtes, à la matière, à l’espace.

 

Starting from the observation that almost all writers are interested in nature under the very specific and highly conditioned form of the landscape, this thesis attempts to situate the originality of the work of Jean-Loup Trassard in his vision, which rejects the fate of nature to become image in literature. Based on an essential, phenomenological distinction between image (Bild or Phantasie) and perception (Wahrnehmung), this thesis aims at showing that Trassard’s writing lies on the side of the latter intentional modality. The consequences of this assumption are decisive, in the ways the writer has to capture space : not at a distance, but nearer, closer ; not hanging over the real, but in a relationship of chiasm and encroachment ; not motionless, but involved and dynamic ; not in the ecstasy of aesthetic contemplation, but in a relationship of transitivity and transformation (represented by work). Trassard is a writer of the work of nature, not a writer of nature. These characteristics of writing focussed on perception are best approached with the help of a close reading of Merleau-Ponty’s works, from The Structure of Behaviour to the manuscripts of The Visible and the Invisible. The stylistic implications of this primacy of perception lead us to finally turn to the level of the writer’s sentence itself. In a last part this dissertation reflects on the specific meaning of the appearance of such work in the second half of the 20th century, just when a decisive historical event is witnessed, i.e. the emergence from the Neolithic period, i.e. also the end of a certain way to relate to the earth, animals, matter, space...

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Position de thèse