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M. NICHOLAS WILLIAMS - Evacuations dans l’espace frontalier franco-allemand totalitaires. [COTUTELLE]

mercredi 14 décembre 2016
à 14h

Au CELSA, salle 115, 77 Rue de Villiers, 92200 Neuilly-sur-Seine

 

M. NICHOLAS WILLIAMS soutient sa cotutelle de thèse :

Evacuations dans l’espace frontalier franco-allemand totalitaires.

 

En présence du jury :

MME ANDRIEU ( Science Po )
M. FORCADE ( PARIS 4 )
M. GROSSMANN ( Tübingen )
M. HUDEMANN ( Sarrebruck )
M. JAKSON ( Glasgow )
M. LEMMES ( Bochum )

 

Résumés :

Entre fin août et début septembre 1939 entre 700 000 et un million de civils sont évacués de la Sarre, du Palatinat et du pays de Bade vers le centre de l’Allemagne. En Moselle et en Alsace, environ 600 000 civils sont transportés vers le sud-ouest. Cette mesure est le résultat d’un long développement, influence par les guerres napoléoniennes et la Grande Guerre. Ce travail analyse les étapes qui aboutissent à ces évacuations dans le cadre de la défense passive pendant l’entre-deux-guerres en France et en Allemagne. Il étudie, principalement de manière comparative, l’exécution des évacuations dans les deux pays en se concentrant sur les exemples de la Moselle et de la Sarre. La totalisation de la guerre à travers l’érection de lignes fortifiées puis l’évacuation des civils apparaît alors être un phénomène indépendant des systèmes politiques et des cadres nationaux : elle est un phénomène transnational. De plus, certains aspects des mouvements de réfugiés ne peuvent être contrôlés par les États. C’est ainsi que des pillages sont observables des deux côtés de la frontière. Cependant, la Troisième République arrive, également grâce à ses expériences avec les réfugiés pendant la Grande Guerre, à mieux organiser et encadrer les réfugiés. Leur administration et le soutien qu’ils reçoivent sur place sont organisés d’une manière plus cohérente par rapport à l’Allemagne nationale-socialiste, où des prétentions idéologiques et la dualité entre les administrations civiles et le parti nazi empêchent l’exécution efficace du programme d’évacuation.

 

Between the end of August and early September 1939, between 700,000 and one million civilians were evacuated from the Saarland, the Palatinate, and Baden to the centre of what was then Germany. From the Moselle and Alsace, around 600,000 civilians were evacuated to south-west France. Those measures were the result of a long development, the origins of which can be traced back the Napoleonic Wars and the Great War. The present thesis analyses the developments which led to those evacuations within the framework of civil defence policies during the interwar period in France and Germany. It explores the execution of the evacuation programme in both countries from a comparative perspective, concentrating on the Moselle and the Saarland. What results is that the totalisation of warfare, in this case as seen in the erection of fortified defence lines and the evacuation of civilians later resulting therefrom, are phenomena independent of any given political systems or national frameworks, and therefore transnational ones. Moreover, the movements of refugees are only to a certain degree controllable on either side of the border, and looting likewise occurs on both sides. Nevertheless, the Third Republic managed, in part due to the experience the country had with refugees during the First World War, to organise and look after their refugees more efficiently than Germany did. The French administration and support system for refugees was more efficiently organised, compared with their German counterparts, where ideological constraints and the duality of civilian administrations and the National Socialist party greatly hampered efficiency in the execution of the evacuation programme.