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Mme SORAYA LARIBI - Ni morts, ni vivants : l’angoissant mystère des disparus d’Algérie après les accords d’Evian.

jeudi 3 novembre 2016
à 14h
Amphithéâtre Gustave Roussy - 2e étage, escalier B Campus Cordeliers,
15 rue École de médecine 75006 PARIS

 

Mme SORAYA LARIBI soutient sa thèse de doctorat : Ni morts, ni vivants : l’angoissant mystère des disparus d’Algérie après les accords d’Evian

 

En présence du jury :

MME BRANCHE ( ROUEN )
MME BRUN ( PARIS 3 )
M. DARD ( PARIS 4 )
M. FREMEAUX ( PARIS 4 )
M. PERVILLE ( TOULOUSE 2 )
MME TROUSSELARD ( VAL DE GRÂCE)

 

Résumés :

 La présente thèse de doctorat prend pour objet d’étude la question des disparus de la fin de la guerre d’Algérie, en l’occurrence, à partir du cessez-le-feu du 19 mars jusqu’à la fin de l’année 1962. Ne pouvant restreindre notre investigation à cette seule période, nous avons élargi notre étude aux conséquences des disparitions. Cette démarche, qui a le mérite de suivre l’événement tragique de son apparition à sa prise en compte par les autorités et la société, avec son retentissement jusqu’à aujourd’hui se déroule en trois parties. La première partie « chercher les disparus » (chapitres 1 à 3), revient sur les recherches, par les autorités compétentes, de la personne physique ou de sa dépouille disparue d’une part, et présente d’autre part la relégation du fait de « chercher les disparus » en un objet de recherche scientifique. Les abus de langage liés à la polysémie du mot « disparu », la surenchère statistique et les usages politiques et mémoriels sont également mis en lumière afin de comprendre les raisons de cet angoissant mystère. La deuxième partie présente les modes opératoires adoptés, tels que les enlèvements et les arrestations arbitraires, afin de « faire disparaître » (chapitres 4 à 6). Les différents auteurs, cibles et mobiles de ces exactions sont ainsi examinés. Enfin, la troisième partie « vivre la disparition » (chapitres 7 à 9) revient essentiellement sur les répercussions économiques et psychologiques pour les familles et les proches confrontés, entre autres, à des problèmes pécuniaires, au poids des rumeurs et au deuil impossible lequel est lié à l’incertitude du sort des « ni morts, ni vivants ».

 

Neither dead nor alive : the agonizing mystery of the people who disappeared in Algeria after the Évian accords.

 This doctoral thesis aims to study the issue of the people who went missing at the end of the Algerian War, namely from the cease-fire of 19 march until the end of 1962. As we were not able to restrict our investigation to this period alone, we expanded our study to the consequences of the disappearances. This approach, which follows the tragic event from its outset to its recognition by the authorities and society, including its impact to date, is in three parts. The first part, « searching for the disappeared » (chapters 1-3), revisits the search by the relevant authorities for the missing individual or their remains, and the relegation of the « search for the disappeared » to an object of scientific research. The misuse of language linked to the multiple meanings of the word « disappeared », statistical escalation and the political and memorial uses of the issue are also highlighted in order to understand the reasons behind this agonizing mystery. The second part presents the procedures used, such as abductions and arbitrary arrests, to « make people disappear » (chapters 4-6). The different perpetrators, targets and motives of these abuses are also examined. Finally, the third part « living with disappearance » (chapters 7-9) focuses largely on the economical and psychological repercussions for families and loved ones, which includes financial problems, rumors and the impossibility of mourning due to the uncertainty of the fate of « those who are neither dead nor alive ».