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Interview : François Lecercle, médiateur

François Lecercle est médiateur à Paris-Sorbonne. Il nous explique en quoi consiste sa fonction. 

PS : Pouvez-vous vous présenter ?

François Lecercle : Je suis professeur de littérature comparée à l’UFR de littérature française et comparée depuis un peu plus de 15 ans. Avant, j’étais professeur à Lyon 2 puis à Paris 7. J’ai occupé diverses fonctions administratives, comme la direction de mon UFR, et j’ai siégé dans les conseils. J’ai, également, été président de la commission disciplinaire des personnels de l’Université.

PS : Pourquoi avoir choisi la fonction de médiateur ?

FL : En réalité, c’est le président qui m’a demandé d’occuper cette fonction il y a un peu plus de trois ans maintenant. Je connaissais bien mon prédécesseur, Pierre Brunel, qui a été le premier médiateur de l’Université. Peu d’universités ont des médiateurs et cette fonction est relativement récente. J’ai rencontré, l’an dernier, mon homologue de l’Université Pierre et Marie Curie qui est la première médiatrice de son Université. 

PS : Quelles sont les missions du médiateur ?

FL : Le médiateur intervient lorsqu’un enseignant, un membre du personnel administratif ou un étudiant rencontre un problème qu’il ne parvient pas à résoudre avec les autorités compétentes. Les demandes et les doléances sont en général légitimes, mais pas toutes ou pas totalement. C’est à moi d’apprécier la demande. Les cas sont de nature et d’importance très diverses. Mon rôle est d’aiguiller la personne vers le service ou la personne susceptible de résoudre le problème. Dans les cas de blocage avec l’interlocuteur naturel, je prends les choses en main pour contacter cet interlocuteur ou en trouver d’autres. L’objectif est que chacun fasse l’effort de reconnaître le point de vue de l’autre, afin d’éviter des plaintes aux pénal inutiles. Il faut donc voir les deux parties et autant de témoins et de tiers que nécessaire ; il faut vérifier les faits, quand ils sont vérifiables, et demander des attestations.

PS : Il faut donc avoir une bonne connaissance de l’Université en général ?

FL : Cela vaut mieux, en effet, mais il faut surtout savoir comment s’informer. Je n’ai pas forcément les connaissances nécessaires pour apporter les réponses mais je dois savoir comment les obtenir.

PS : Devez-vous référer des actions de votre mission ? 

FL : Non. Je n’ai pas le pouvoir d’imposer à quiconque mes préconisations mais inversement je ne suis sous la tutelle de personne. Je n’en réfère au président que dans les cas les plus graves. Je suis donc alors une sorte de magistrat instructeur. Comme je n’ai aucune formation en droit, je dois périodiquement consulter le service juridique pour m’éclairer sur certains points.

PS : Quelles sont les qualités d’un bon médiateur ?

FL : Il doit être calme, avoir une certaine habitude des contacts interpersonnels, pouvoir faire abstraction de ses réactions affectives spontanées. Il doit faire confiance aux interlocuteurs, tout en veillant à contrôler l’information et à recouper les témoignages. Il faut aussi avoir une bonne capacité d’analyse. Dans mon enseignement et ma recherche, j’ai l’habitude d’analyser des documents : c’est un atout majeur. Il faut, en quelque sorte, être un juge de paix, au sens propre, c’est-à-dire un pacificateur.