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Réactions & mises en lumière des participants

 
Les participants ont véritablement joué le jeu de la construction commune d’une réflexion sur les liens entre philosophie et entreprise. La journée a donné lieu à de nombreux échanges entre toutes les personnes présentes, qu’elles soient issues de l’entreprise, de l’université ou des deux. Les sujets de discussion faisaient écho aux thèmes abordés par les intervenants en essayant de creuser l’analyse d’un aspect du lien entreprise-philosophie. Ainsi, voici une liste non exhaustive des points soulevés :
 
- La nécessité pour les philosophes et pour les entreprises, de contourner les cloisonnements, de valoriser la pluridisciplinarité, de créer des connexions, de lutter contre l’enfermement dans des mondes, des secteurs, des métiers, des disciplines, etc.
 
- Les « portes d’entrées » des philosophes dans l’entreprise permises notamment :
* Par la synergie des savoir-faire entre ces « mondes ».
* Par la combinaison, pour les jeunes étudiants en philosophie, avec des études dans d’autres disciplines (sciences politiques, écoles de commerce, sciences et techniques...) – pour acquérir un spectre plus large, mais aussi pour montrer que la philosophie n’est plus hors du monde. Plusieurs contrats existent pour faire exister ce lien au niveau doctoral, Cifre, ou post-doctoral, CIR pour les jeunes docteurs.
* Par la nécessité d’une réflexion sur l’ampleur du changement : c’est la porte d’entrée du philosophe qui, sans en savoir davantage que le chef d’entreprise, peut le soutenir dans une réflexion de fond et dans une ouverture créatrice face à l’incertitude.
 
 
 
- Le rôle du philosophe en entreprise : émanciper, donner du sens en reliant action et réflexion. Quelles frontières cela aurait-il ? « Philosophe consultant » ; « philosophe formateur » ; « philosophe conférencier » ; entreprenariat philosophique ? Quelle différence avec le coaching ? Qu’en est-il du rôle thérapeutique de la philosophie – La philosophie qui prend soin du soi – (pacificateur, libérateur, donneur de sens) ?
 
- Les temporalités entre « recherche/étude philosophique » et « pratique de la philo dans le monde de l’entreprise ». L’alternance entre « temps productif » et « temps improductif ».
 
- Le lien entre philosophie et utilité, activité philosophique et activité lucrative : Accepter que les objectifs soient différents. Cependant, trouver un espace commun qui peut être celui de la pensée agissante. En effet, la pensée peut influer sur le cours des choses, le philosophe permet de décaler le regard du dirigeant en vue de décisions pertinentes. C’est une approche de philosophie pratique qui donne la capacité de penser par soi-même aux managers. Pourquoi pas imposer des philosophes parmi les administrateurs indépendants des conseils d’administration (tout comme la loi Copé-Zimmerman impose un quota de femmes) pour savoir prendre des décisions qui font sens collectivement et éviter les situations d’urgence ?
 
- Enfin, une autre question est abordée : celle de l’éthique et des valeurs en entreprise. Le sens, pour les entreprises, c’est aussi et beaucoup une question d’éthique, de ce qui va dans la direction de l’épanouissement des êtres humains. Cet aspect possède une dimension macro : la place de l’entreprise dans son environnement sociétal, souvent traitée par l’entreprise par le biais de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) ; et une dimension micro : la place du travail dans « le récit de soi » des personnes, qui renvoie à une dimension plus ordinaire de l’éthique, comme vecteur d’énergie créatrice ou de souffrance.