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CRIGNON Claire

UFR de philosophie et de sociologie

Titres

Maître de conférences, habilitée à diriger les recherches, docteur en philosophie, ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure (Fontenay-Saint Cloud).

 

Coordonnées

UFR de Philosophie et Sociologie, 1 rue Victor Cousin, 75005, Paris.

Courriel : claire.crignon@paris-sorbonne.fr

Spécialités

Histoire de la philosophie britannique XVIIe-XVIIIe siècles. 
Histoire des sciences et philosophie de la médecine.

Présentation

Rattachement : EA 3552 : « Métaphysique. Histoires, transformations, actualité ».

Mes recherches portent principalement sur le corpus constitué par les textes philosophiques et médicaux rédigés entre le XVIIe et le XVIIIe siècles, dans les îles britanniques (sans exclure les échanges avec d’autres pays européens).

J’ai d’abord étudié la réception du discours médical sur la mélancolie en philosophie morale et politique avec une thèse sur l’Anatomie de la Mélancolie de Robert Burton et l’œuvre du troisième comte de Shaftesbury (De la mélancolie à l’enthousiasme : Robert Burton et Anthony Ashley Cooper, 3e comte de Shaftesbury, Paris, Champion, 2006 ; Shaftesbury, Lettre sur l’enthousiasme, introduction, traduction et dossier, Paris, le livre de poche, 2002).

Le projet ANR jeune chercheur, que j’ai coordonné avec S. Buchenau et A-L Rey (« Philomed, Médecine et philosophie de la nature humaine », 2009-2013), a été l’occasion d’étendre ensuite ces recherches à l’étude du rôle de la médecine dans l’émergence d’une nouvelle manière de se poser la question de la nature de l’homme entre la fin de la Renaissance et la fin du XVIIIe siècle (Médecine et philosophie de la nature humaine, XVIIe-XVIIIe siècle, Paris, Classiques Garnier, 2014). J’ai aussi, dans ce contexte, développé une réflexion sur les sources médicales de « l’empirisme » philosophique (Empiricism and Philosophy of Human Nature in the 17th and 18th Century, Leiden, Brill, 2014).

Enfin, j’ai poursuivi plus récemment, en vue de l’habilitation à diriger des recherches, une enquête plus ciblée sur une figure particulière de « philosophe-médecin » : celle de John Locke. A partir du travail de transcription des manuscrits médicaux de Locke, réalisé par Peter Anstey et Lawrence Principe, j’ai traduit et annoté un ensemble de six manuscrits, rédigés entre 1666 et 1670 (sur la respiration, les maladies, l’art médical, l’anatomie, la variole, et l’opération du futur comte de Shaftesbury). L’ouvrage issu de cette enquête (Locke médecin : manuscrits sur l’art médical, Paris, Garnier, 2016) montre ce que la construction de l’identité de Locke comme philosophe (connu en particulier pour la publication de l’Essai sur l’entendement humain) doit à sa formation initiale en médecine et à sa réflexion sur l’état de l’art médical et les controverses qui le traversent.

Je poursuis cette activité de traduction de textes anglais de l’âge classique avec un travail actuellement en cours avec Sylvie Kleiman-Laffon et Sandrine Parageau autour de la Sylva Sylvarum de Francis Bacon (traduction et édition critique à paraître chez Garnier en 2018).

Montrer ce que la « pensée médicale » (J. Pigeaud) apporte à l’élaboration de questionnements philosophiques centraux (la question de la nature de l’homme, des conceptions du corps, du rapport entre l’âme et le corps, du rôle à conférer à l’observation), me permet par ailleurs d’alimenter ma réflexion sur des questions qui ont trait aux enjeux éthiques et anthropologiques de l’évolution du savoir et des pratiques médicales contemporaines. Deux ouvrages, co-écrits ou édités avec Marie Gaille (A qui appartient le corps humain ? Paris, Belles Lettres, 2004 ; Qu’est-ce qu’un bon médecin ? Qu’est-ce qu’un bon patient ? Paris, Séli Arslan, 2010) témoignent de cette volonté d’inscrire la réflexion en éthique médicale dans le temps long des échanges entre médecins et philosophes.

La question du vieillissement et de la prolongation de la vie, celle de l’observation des maladies et des rapports entre air et santé constituent mes objets présents de recherche. A titre d’exemples : je m’intéresse plus particulièrement à la question de l’air et de la respiration et à la manière dont médecins et philosophes en ont fait des facteurs incontournables de la réflexion sur la santé physique et mentale. J’ai aussi développé depuis deux ans des collaborations avec des chercheurs en biologie et en médecine et des praticiens hospitaliers (UPMC, Pitié-Salpêtrière) dans le champ des humanités médicales. Interroger l’existence des collections anatomiques (collection Dupuytren, XIXes), réfléchir à la présence à l’hôpital de techniques telles que la méditation ou la pratique de l’art-therapy, confronter les pratiques médicales de la clinique et la définition médicale ou philosophique de l’observation et de l’histoire des maladies font partie de mes projets en cours.