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M. IAN DE TOFFOLI - La réception du latin et de la culture antique dans l’oeuvre de Claude Simon, Pascal Quignard et Jean Sorrente.

Littérature et civilisation françaises

jeudi 3 novembre 2011
à 14 h
En Sorbonne, salle des Actes, Centre administratif de la Sorbonne,
1 rue Victor Cousin 75230 Paris cedex 05

 

M. IAN DE TOFFOLI soutient sa thèse de doctorat :

La réception du latin et de la culture antique dans l’oeuvre de Claude Simon, Pascal Quignard et Jean Sorrente.

 

En présence du jury :

 

MME GALAND-HALLYN ( EPHE )
MME MILLET-GÉRARD ( PARIS 4 )
M. RABATÉ ( PARIS 7 )
M. WILHELM ( Luxembourg )

 

Résumés :

 Lorsqu’un travail critique se propose d’étudier la présence du latin et de la culture classique chez des écrivains contemporains, c’est à la notion d’héritage que l’on pense tout d’abord. Mais cette notion d’héritage pose problème. Elle doit être considérée avec prudence, comme un possible leurre, même si elle est avérée dans les œuvres de nos trois auteurs, de par certains phénomènes formels itératifs, citations latines, ainsi que la transposition de textes antiques. S’il est donc évident que lesdites œuvres affichent une apparente continuité à la fois au niveau formel et au niveau des contenus de culture, l’Antiquité latine réinvestie perd son statut particulier : elle n’est ni objet du texte, ni voix de l’autorité, ni preuve d’érudition (même si elle feint de l’être), ni trésor d’outils rhétoriques qui favorise la séduction : au contraire, elle est un piège posé au lecteur qui fait trop confiance à sa culture. Le réinvestissement de la culture et des textes antiques que nos trois auteurs pratiquent s’approche dangereusement tantôt du stéréotype, du lieu commun, tantôt d’une réutilisation complètement personnelle de la culture antique. Le latin s’avère ou bien un produit de leur imagination d’écrivain (et en tant que tel il n’est pas tout à fait identifiable à la langue morte que nous connaissons), ou bien il fait partie de la productivité textuelle de l’écriture et passe du statut de texte à celui de matériau réutilisable. Le rapport qu’entretiennent Claude Simon, Pascal Quignard et Jean Sorrente avec le latin relève donc du paradoxe : ils réinventent, voire réécrivent l’Antiquité.

 

When a critic’s work intends to focus on the presence of Latin and classic culture in the work of contemporary writers, one thinks foremost of the notion of heritage. But it is this notion of heritage that poses a problem. One has to approach it in a very prudent way, as if it would be a lure, even though it is attested in the works of our three authors, through the use of recurrent formal parallels, Latin quotations, and the transposition and rewriting of ancient texts. Indeed, though it is evident that these works show an apparent continuity both in form and in cultural content, the reinvested Latin Antiquity looses its particular status : it is neither object of the text, nor voice of the authority, nor proof of erudition (although it sometimes pretends to be), nor treasure box of rhetorical tools that help seducing the reader : on the contrary, it is a trap for the reader who places his trust solely in his cultural knowledge. The reinvestment that our three authors apply to the Latin text and culture gets dangerously close either to the stereotype, the commonplace, either to a completely personal reuse of antique culture. Latin is thus either a product of their artistic imagination (and as such cannot be totally identified with the dead language that we know), either part of the textual productivity of their writing, which means that it must be considered as a reusable material rather than an autonomous text. The bond that ties Claude Simon’s, Pascal Quignard’s and Jean Sorrente’s works to the Latin is thus paradoxical in nature : what they do is reinventing, or rather rewriting Antiquity.

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