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Rencontre du Centre André Chastel : « Jeux en images dans la première modernité : formes, héritages, mutations », par Antonella Fenech

15 mars 2017

La culture "hypericonique" et "hyperludique" de notre temps produit d’innombrables exemples du lien que le jeu et le sport entretiennent avec l’image et surtout, de l’impact social, de la force politique et de l’efficacité économique d’une telle association.

Or, ce lien complexe a des racines anciennes et connaît un renouvellement profond au cours de la première modernité, lorsqu’on repense les codes comportementaux et l’articulation entre pratiques ludiques, identités sociales et espaces. Et c’est précisément entre le XVIe et le XVIIe siècle qu’on assiste à l’essor des représentations des jeux d’exercice se confrontant à la complexité du discours contemporain sur le jeu. Si ces scènes témoignent de l’émergence du "temps affranchi" dédié aux loisirs (comme l’ont souligné Burke et Arcangeli) et d’une répartition nouvelle de la sociabilité par le jeu, elles donnent aussi forme à la mutation que connaissent la conception du corps, des espaces, du plaisir, du temps et leurs usages légitimes (ou non). La santé du corps physique devient aussi le reflet de celle du corps social.

Il importe alors de saisir la trajectoire et les formes d’une Bildgenese (Belting) du corps sportif, c’est-à-dire son apparition en image s’inscrivant dans une conjoncture culturelle où l’exercice prend une place centrale dans la recherche d’équilibre entre le corps et l’esprit. De nombreuses représentations (peintures, gravures, dessins) témoignent de l’utilité des jeux physiques pour le maintien de la santé, tandis que l’essor des scènes figurant les jeux d’enfants ou des portraits de jeunes gens aux raquettes et autres battoirs signale l’entrée de l’exercice ludique dans les nouvelles pédagogies inaugurées, entre autres, par Juan Luis de Vivès et Érasme. Le corps "sportif" devient un artefact de civilisation.

Les images ludiques ayant été élaborées au sein de dispositifs politiques, socio-économiques, pédagogiques et médicaux spécifiques, il importe ainsi d’interroger les stratégies formelles et visuelles par lesquelles les artistes ont contribué au renouvellement des imaginaires des jeux, du corps, ainsi que du temps et de son usage.

Informations pratiques

Lieu : Centre André Chastel, Galerie Colbert, 2 rue Vivienne, 75002 Paris,

salle Ingres (2e étage)

Horaires : 18h30 à 20h

Contact : catherine.prioul@paris-sorbonne.fr

Entrée libre