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colloque international "Le compositeur dans la littérature"

Chères et chers collègues,

j’ai plaisir à vous convier au colloque international "Le compositeur dans la littérature" qui se déroulera les jeudi 8, vendredi 9 et samedi 10 décembre prochains à Paris-Sorbonne (salle des Actes et Maison de la Recherche).

Les points de rencontre de la littérature et de la musique sont multiples, leurs points de friction également. Si les deux pratiques artistiques n’ont cessé de se nourrir l’une de l’autre, elles se sont aussi concurrencées. Certains poètes, comme Mallarmé, ont revendiqué le pouvoir musical intrinsèque de la langue. À l’inverse, certains compositeurs ont revendiqué la capacité de la musique à produire un sens, voire à raconter une histoire, s’attribuant les mêmes pouvoirs que les écrivains.


Une abondante littérature a déjà rendu compte de l’imaginaire de la musique dans la littérature, et les relations entre littérature et musique sont depuis longtemps un objet d’étude privilégié de la littérature comparée.

La représentation du compositeur dans la littérature est l’une des manifestations les plus frappantes et les plus ostensibles de cet imaginaire littéraire de la musique – que l’on songe, par exemple, aux compositeurs mis en scène par George Sand dans Consuelo, à Johannes Kreisler, l’alter ego de E.T.A. Hoffmann, ou au Doktor Faustus de Thomas Mann, dans lequel le compositeur Adrian Leverkühn a vendu son âme au diable, basculant dans un nihilisme qui finit par l’anéantir.

Le thème du colloque pose la question du partage – ou du conflit – des autorités ; la représentation littéraire du compositeur peut effectivement être interprétée comme un hommage rendu à un art avec lequel ne peut rivaliser la littérature. Mais c’est aussi une rivalité qui parfois se fait jour (on pense par exemple à Edouard, l’écrivain des Faux-Monnayeurs de Gide : « ce que je voudrais faire, (…) c’est quelque chose comme L’Art de la fugue. Et je ne vois pas pourquoi ce qui fut possible en musique, serait impossible en littérature »), ou encore une forme de condescendance, de la littérature à l’égard d’un art condamné à rester privé de toute fonction cognitive, ou de la musique à l’égard du caractère prosaïque et fini du langage littéraire, incapable par définition de dire l’ineffable.

En espérant vous retrouver nombreux,
Bien cordialement,

Marthe SEGRESTIN, pour l’équipe d’organisation

PJ : Veuillez trouverez ci-joint le programme détaillé.
NB : pour cause de plan vigipirate nous vous demandons de vous inscrire avant le 7 décembre à cette adresse : marthe.segrestin@wanadoo.fr

Programme colloque