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CRAP - Centre de recherche sur l’Amérique préhispanique
EA 3551


Présentation du Centre de Recherche sur l’Amérique préhispanique (C.R.A.P.)




Article actualisé le 26 novembre 2007

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Présentation du Centre de Recherche sur l’Amérique préhispanique (C.R.A.P.)

Unité de Recherche commune à Paris-Sorbonne (Paris IV) et l’EHESS

Responsables du Centre :

- Christian Duverger, Directeur (EHESS)
- Daniel Levine, Co-Directeur (Université Paris-Sorbonne, Paris IV)

Coordonnées :

Université Paris-Sorbonne (Paris IV) EHESS
Institut d’Art et d’Archéologie,
3 rue Michelet, 75006 Paris.
10 rue Monsieur-Le-Prince, 75006 Paris.
Tél : 01.53.73.71.33 – Fax : 01.43.26.65.02 Tél. : 01.53.10.54.47 – Fax : 01.44.41.46.79
Courriel : Daniel.Levine@paris-sorbonne.fr Courriel : Christian.Duverger@ehess.fr
crap@ehess.fr
Equipe :
Daniel Levine, Professeur
Caterina Magni, Maître de Conférences HDR
Equipe :
Christian Duverger, Directeur d’Etudes
Aïcha Bachir Bacha, Ingénieur de Recherche

Présentation du Centre de Recherche sur l’Amérique préhispanique

Ce centre est la suite logique de la création d’un enseignement spécialisé sur l’Amérique préhispanique à l’Université de Paris-Sorbonne (Paris IV). L’enseignement dispensé au sein de l’UFR d’histoire de l’art et d’archéologie s’intéresse à la fois aux antiques civilisations méso-américaines et à celles de l’ancien Pérou. Dès sa première année de création en 1998 cet enseignement a rencontré un grand succès auprès des étudiants.

Les chercheurs du centre proposent un nouveau regard sur les civilisations de l’Amérique préhispanique et rejettent la vision passéiste, héritée du XIX° siècle, des sociétés amérindiennes avant l’arrivée des Espagnols. Il est surprenant, voire choquant, de constater que les études portant sur les cultures préhispaniques relèvent encore de nos jours, à l’Université (CNU) ou au CNRS, des sections d’évaluation chargées de la préhistoire. En effet les cultures préhispaniques sont traditionnellement cantonnées dans les temps préhistoriques car considérées comme des sociétés sans écriture, hormis les Mayas. L’histoire de l’antiquité américaine est trop souvent restituée sous la forme d’images compartimentées et désuètes plus ou moins bien assemblées les unes aux autres. Les développements récents de l’archéologie soulèvent de nombreuses interrogations sur la validité des interprétations proposées et des modèles anciens généralement considérés comme des certitudes acquises. Il semble de plus en plus nécessaire de renouveler notre vision de cet univers culturel par une approche qui ne mutile pas les systèmes de pensée préhispaniques. Cette démarche novatrice implique des révisions conceptuelles et méthodologiques ainsi qu’un élargissement de la base documentaire actuellement insuffisante ou dépassée.

Devant l’ampleur du travail à accomplir le centre regroupe les enseignants-chercheurs et les jeunes chercheurs américanistes de l’Université de Paris-Sorbonne et de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris. La complémentarité des deux enseignements permet d’engager des programmes spécialisés en archéologie à l’Université Paris-Sorbonne et en anthropologie sociale et culturelle à l’EHESS. Les travaux se déroulent dans un cadre pluridisciplinaire plaçant les sciences humaines au carrefour des sciences de la terre et de la physique appliquée à l’archéologie. Les études engagées par les chercheurs du centre visent à permettre la reconstitution de l’histoire des civilisations préhispaniques. Dans cette optique un certain nombre d’axes thématiques prioritaires a été défini.

Axe n° 1 : la chronologie

Concernant l’Amérique préhispanique les problèmes de chronologie demeurent une priorité. Il est important de pouvoir inscrire les faits archéologiques dans un parcours historique. L’archéologie préhispanique doit impérativement se libérer de l’inconfort des approximations et de la fragilité du cadre chronologique. L’histoire des civilisations préhispaniques est restée pendant très longtemps une archéologie de l’objet dont elle a du mal à se défaire. L’essentiel de nos connaissances repose sur l’étude typologique de milliers d’objets prélevés, depuis des décennies, de leur contexte d’enfouissement sans aucun contrôle scientifique. Cette base de données, quantitativement très importante, est malheureusement amputée des informations scientifiques indispensables à leur interprétation. L’histoire des civilisations préhispaniques se présente généralement comme un parcours temporel de pratiquement trois millénaires (environ 1500 av. J.C. au XVI° siècle) grossièrement découpé en séquences de plusieurs siècles aux limites imprécises. Ces périodes sont à leur tour sub-divisées en phases généralement établies à partir de typologies souvent fondées sur l’évolution stylistique des objets. L’investigation archéologique moderne ne peut se satisfaire de comparer des styles et des formes d’art sans avoir accès au fond historique. Les reconstitutions du passé et l’approche des aspects culturels ne sont valables que lorsque les faits sont insérés dans le déroulement général du temps et datés les uns par rapport aux autres. La chronologie demeure une priorité fondamentale puisque de sa précision dépend la pertinence des interprétations.

Axe n° 2 : les systèmes d’écriture et la traduction plastique du discours

Hormis celle des Mayas les civilisations préhispaniques sont traditionnellement considérées comme des sociétés sans écriture. En se fondant sur cette vision dépassée, mais malheureusement figée des premiers temps des études américanistes, l’univers culturel préhispanique est encore enfermé dans les temps préhistoriques. Les travaux menés au cours des dernières décennies démontrent clairement que différentes cultures méso-américaines ont développé des systèmes d’écriture spécifiques à partir d’une base commune remontant à l’horizon olmèque vers 1200 av. J.C. C’est au milieu du troisième millénaire avant notre ère que les sociétés "mères", celle des Olmèques en Méso-amérique et celle de Chavin de Huantar au Pérou, mettent en place les codes, les conventions graphiques et iconographiques permettant de transcrire le discours idéologique, religieux et historique. La prise en compte des systèmes de pensée préhispaniques révèlent que l’écriture peut se concevoir en termes de glyphes ou sous la forme d’images que le référentiel occidental considère comme de l’iconographie à fonction décorative. Il s’agit donc de reprendre l’étude d’une iconographie qui a été analysée en tant que production plastique pour tenter de déchiffrer ce qui est en réalité du texte composé par un agencement d’icônes. Il est également indispensable de proposer une définition de l’art adaptée au monde préhispanique.

Axe n° 3 : les chroniques du XVI° siècle

Concernant les deux dernières grandes civilisations de l’Amérique préhispanique, celle des Aztèques et celle des Incas, la restitution de l’histoire événementielle est menée en se fondant sur la confrontation des informations issues des chroniques rédigées au XVI° siècle avec les données archéologiques. Il s’agit d’évaluer la véracité des sources ethno-historiques et d’ancrer les informations qu’elles contiennent dans une perspective historique qui n’est souvent accessible que par l’archéologie.

Il est indispensable de procéder à une relecture des textes du XVI° siècle ; généralement la lecture passive de ce corpus débouche sur une restitution du passé ponctuée de divergences et de contradictions qui génèrent une histoire incohérente où les faits culturels ont du mal à s’intégrer. Il est fondamental de transposer la cohérence de la pensée préhispanique dans la logique des systèmes occidentaux. L’histoire des civilisations préhispaniques apparaît généralement comme une addition de phénomènes culturels indépendants. Il semble désormais possible de faire éclater le cloisonnement des aires géo-culturelles et de proposer une approche de la réalité historique à travers une vision globale et non sous la forme de puzzles de faciès régionaux.

Simultanément on s’intéresse à la symétrie des histoires entre la Méso-amérique et l’ancien Pérou où, la sédentarisation une fois achevée, on assiste à un développement culturel scandé par une succession d’horizons unificateurs et de périodes caractérisées par une forte expression des identités régionales. Dans les deux cas le processus s’achève, au Mexique avec les Aztèques et au Pérou avec les Incas, par la constitution de systèmes étatiques vastes et puissants. Ce parallélisme ne se limite pas uniquement à la périodisation de l’histoire, il est également perceptible dans le contenu même des phénomènes de civilisation : structures sociales, systèmes économiques et cosmovisions. L’archéologie préhispanique doit s’orienter vers une vision moins compartimentée du passé.

Depuis la création de l’enseignement sur les civilisations préhispaniques à l’Université de Paris-Sorbonne en 1998, les mémoires de Master et les doctorats se sont intéressés à ces problématiques. La grande qualité des travaux effectués permet d’envisager la constitution d’une banque de données informatisée qui serait régulièrement et aisément enrichie. La création de cette base documentaire est un préambule indispensable à une nouvelle lecture de l’histoire préhispanique.

L’association avec l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales apporte la dimension anthropologique donnant ainsi plus de densité à la reconstitution de l’histoire préhispanique. L’université de Paris-Sorbonne (Paris IV) a signé un accord de coopération avec l’Université Catholique du Pérou en mai 2003 permettant, dans un cadre institutionnel, des échanges d’enseignants, de chercheurs, de doctorants et d’étudiants en archéologie. Une autre convention signée entre l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV) et l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire offre le même cadre d’échanges au Mexique.

   
   
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