Axes de recherche
Pensée, culture et littérature italiennes dans le monde méditerranéen.
Le programme de recherche a comme champ d’études le positionnement de la culture italienne dans le monde méditerranéen, sous l’angle spécifique du rapport que, en Italie, la littérature et la pensée entretiennent avec leurs sources – notamment grecques, latines et arabes –et l’impact que celles-ci ont exercé sur le très long terme. Les chercheurs italianistes ont collaboré tour à tour avec des comparatistes, des historiens de l’Antiquité et des philosophes afin d’enrichir leur approche par une confrontation interdisciplinaire. Deux domaines de recherche avaient été retenus :
1. Le rôle crucial que joue la confrontation avec l’Antiquité dans l’élaboration du discours poétique et philosophique du Moyen Âge à nos jours. L’interprétation des récits mythologiques et allégoriques de l’Antiquité a été le creuset où s’est élaborée la pensée humaniste au XIVe siècle.
Cette interprétation a ensuite évolué - au fur et à mesure que se transformait la perception et la
connaissance des mondes anciens - sans cesser pour autant de constituer le modèle même de la réflexion sur la nature et la fin de l’activité poétique et philosophique. Or, c’est précisément l’étude de l’évolution de cette interpretatio qui a été menée. Compte tenu de l’ample perspective chronologique adoptée – indispensable pour apprécier l’évolution du modèle interprétatif humaniste – nous avons conduit notre recherche dans une optique thématique, en nous concentrant tout particulièrement sur les rapports spécifiques qui lient poésie et philosophie dans la tradition italienne de l’interpretatio.
2. Dans la partie méridionale de l’Italie et particulièrement en Sicile, l’influence de l’Antiquité gréco-latine sur la pensée et la littérature est concurrencée, à partir du haut Moyen
Age par l’influence de la culture arabo-byzantine et de ses variantes plus tardives, arabonormandes et hispano-mauresques. La littérature sicilienne n’a cessé d’explorer et d’exploiter cette exceptionnelle stratification de cultures, mais c’est surtout depuis la fin du XIXe siècle, en marge du processus d’unification nationale et souvent en réaction contre lui, que les auteurs siciliens, de Verga à Camilleri en passant par Pirandello, Bonaviri et Consolo, ont contribué à faire de la Sicile un creuset où se fondent toutes les civilisations du pourtour méditerranéen. À travers leurs choix thématiques - qui oscillent de la revendication identitaire
au syncrétisme - et leurs expérimentations linguistiques - qui marient dialectalismes, plurilinguismes et idiolectes – ces auteurs ouvrent un champ de recherche considérable qui peut être étendu à d’autres zones méridionales (Sardaigne, Campanie etc.) et, éventuellement, élargi à d’autres aires pluriculturelles et plurilingues, dans les zones de frontière (Trentin- Haut Adige, Frioul-Vénétie Julienne etc.).
Dramaturgies italiennes
Le programme « Dramaturgies italiennes » se constitue autour de trois axes fédérateurs :
1. Statut socio-professionnel des hommes de théâtre (acteurs, chanteurs, auteurs, librettistes, décorateurs, metteurs en scène, etc.) ;
2. Dramaturgie des acteurs et dramaturgie des auteurs ;
3. Transferts dramaturgiques.
L’objectif est l’étude des spécificités des diverses dramaturgies italiennes parlées et chantées, codifiées et non-codifiées, profanes et sacrées, du Moyen Âge à l’Époque contemporaine, avec une attention particulière à la relation entre la praxis et la théorisation ainsi qu’aux transferts dramaturgiques entre l’Italie et les autres Pays.
Artistes écrivains, intellectuels italiens à Paris aux XIXe et XXe siècles
Ce programme s’articule en trois volets complémentaires :
1. Typologie des Italiens à (de) Paris aux XIXe et XXe siècles. En vue d’éclairer la typologie des artistes italiens à Paris au début du XXe siècle et leur perception du monde littéraire et artistique parisien, on se propose de rendre accessible au public français deux textes majeurs : Il salto vitale (1954) de Ardengo Soffici et Parigi (1925) de Lorenzo Viani. Il s’agira de traductions accompagnées de notes et d’une introduction. De plus on traduira un choix de textes autobiographiques de Marinetti portant sur ses contacts avec le monde parisien. Il s’agira de travaux collectifs, rassemblant des enseignants chercheurs, des doctorants, de jeunes chercheurs.
2. Le bilinguisme. C’est un élément essentiel de la médiation culturelle entre la France et Italie, inscrite normalement dans la vocation des artistes et des écrivains italiens à (de) Paris. Au cours du prochain contrat l’exploration des XIXe et XXe siècles, pour déterminer les raisons
du bilinguisme effectif ou affectif de certains écrivains, et en établir une typologie, s’ouvrira au dialogue avec le bilinguisme italien-français aux siècles précédents, afin de mieux faire ressortir les éventuels éléments de continuité et/ou de rupture ou de discontinuité.
3. La présence de l’Italie et de la culture italienne dans les revues littéraires françaises. Le programme prévoit la publication des trois volumes consacrés à la présence de la culture italienne dans le Mercure de France, de publier, sous forme d’articles, les travaux concernant La Plume et Esprit et d’achever le dépouillement de La Revue des Deux Mondes.



