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Centre d’Études Leibniziennes

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Directeur : Jean-Baptiste Rauzy

Répondant à une invitation de Jean-Baptiste Rauzy, une vingtaine de chercheurs actifs ayant publié dans le domaine des études leibniziennes se sont réunis plusieurs fois à la Maison de la Recherche de L’Université Paris-Sorbonne afin de constituer un pôle d’études permanent. Ce projet de Centre d’Études Leibniziennes répond à une double constatation.

Premièrement, les études Leibniziennes constituent une composante forte de la recherche en histoire de la philosophie classique à l’Université Paris-Sorbonne, principalement en raison des activités, de l’enseignement et de la personnalité de Michel Fichant. Toutes celles et tous ceux qui poursuivent aujourd’hui dans cette voie, même lorsqu’ils n’ont pas été directement de ses élèves, ont été marqués par son enseignement et son œuvre. Le départ en retraite de ce collègue éminent ne doit pas signifier la fin de ce qui a été fait, mais suppose une mutation vers une forme plus collégiale.

Deuxième constatation : il existe aujourd’hui dans la communauté académique française plusieurs générations de chercheurs actifs dans ce domaine. Certains sont allés à Hanovre et se sont confrontés aux manuscrits, d’autres ont travaillé avec les éditions existantes ; certains ont centré leur contribution sur la métaphysique, d’autres sur les sciences des la nature, la logique, les mathématiques, la philosophie du droit, etc. Tous et toutes contribuent à faire de Leibniz un auteur vivant, à mesure que la parution d’œuvres nouvellement éditées suscite de nouvelles ouvertures ou la réévaluation d’interprétations antérieures. Il s’agit d’un groupe assez nombreux pour former une équipe et assez divers pour couvrir toute la variété de l’exégèse de Leibniz : non seulement la métaphysique, mais aussi les mathématiques, la physique et les sciences de la nature, la philosophie morale et le droit.

Les leibniziens français forment par soi une sorte de famille, non seulement en raison de leur dette commune à l’égard de quelques grandes figures (Grua, Belaval, etc.), mais surtout parce que l’exemple même de Michel Fichant a fini par installer parmi eux – sans l’imposer – une méthode ou un style spécifique : un souci commun du texte abordé avec ses variantes génétiques significatives, de mise sa perspective diachronique, la recherche de puissants outils interprétatifs parfois empruntés à la philosophie d’aujourd’hui. À l’exemple de ce jeune docteur qui a appliqué avec succès les derniers développements de la sémantique dynamique à la théorie juridique des conditions, ils partagent un même respect pour la rigueur de la méthode historique qu’ils emploient et un même désir de nouvelles expériences et aventures intellectuelles. Cette famille existe de fait. Elle a plutôt besoin d’un toit, c’est-à-dire d’une structure grâce à laquelle elle pourrait organiser méthodiquement des rencontres et travaux collectifs, s’impliquer dans les projets et colloques internationaux et faire connaître largement ses résultats et publications.

Le contexte actuel des études leibniziennes peut être très schématiquement décrit de la manière suivante. Les années 1990-2000 ont été marquées par la parution des volumes VI-iv dans l’édition académique : les œuvres philosophiques écrites, pour autant qu’on puisse en juger, jusqu’à 1690. Cette parution a suscité un travail interprétatif considérable qui est loin d’être achevé. Mais, incontestablement, le centre de gravité des recherches actuelles tend à se déplacer vers le second Leibniz. Les textes philosophiques postérieurs à 1690, qui ne figurent pas dans VI-iv, sont aujourd’hui notre nouvelle frontière. Il faut revisiter ceux qui existent dans des éditions anciennes, aller chercher ceux qui attendent encore dans le coffre-fort de Hanovre une édition nouvelle et fiable et ceux qui sont complètement inédits. Le choix des manuscrits qui seront privilégiés, l’établissement des texte, la compréhension contextuelle des contenus : sur tous ces points la famille des leibniziens français est particulièrement bien armée. L’exemple et l’enseignement de Michel Fichant nous ont parfaitement préparés à cette nouvelle conjoncture.

On peut distinguer deux approches de ce corpus. Il y a celles et ceux qui partent des grands textes de la seconde période et cherchent alentour les fragments et opuscules apparentés éventuellement inédits. C’est l’approche insulaire. Et il y a celles et ceux qui partent d’une ligne thématique mise au jour dans le corpus complet de la première période et tentent de la prolonger : c’est l’approche projective. À l’approche insulaire appartiendrait, par exemple, un travail sur le De Ipsa natura (1698) qui chercherait à en constituer méthodiquement le dossier textuel. L’approche projective pourrait être illustrée, par exemple, par la publication de textes logiques tardifs, attestant que Leibniz n’a pas abandonné cette préoccupation au profit d’une autre, qu’il n’a pas non plus revu ses conceptions fondamentales, mais amélioré son symbolisme. Il va de soi qu’aucune des deux manières de faire n’est préférable à l’autre et l’on est souvent obligé de procéder selon une manière mixte, comme l’illustrera la publication prochaine des textes relatifs à la Science Générale.

La conjoncture nouvelle rend indispensable la circulation des matériaux textuels et de forts contacts internationaux. Elle suppose en particulier qu’un lien fort et permanent soit maintenu entre le Centre et les éditeurs à Münster et à Hanovre.

La recherche en chiffres

750 enseignants-chercheurs

230 professeurs

2300 doctorants

300 thèses par an 

Actualités

Vidéo

Objet de recherche
Des doctorants de Paris-Sorbonne présentent en vidéo leur sujet de thèse au travers d’un objet. 

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Contacts

Maison de la Recherche
28, rue Serpente
75006 PARIS
Tel. 01 53 10 57 00