Axes thématiques
Ils se sont dégagés des deux rencontres informelles les ateliers suivants :
- Philosophie du droit : publication en ligne de textes importants pour la contextualisation, traductions de ces textes, approche logique et théorie générale du droit (P. Boucher, A. Thiercelin).
- Métaphysique : évolution de la position leibnizienne de la métaphysique, métaphysique du temps, métaphysique et « science générale » (J.-P. Anfray, M. Devaux, J.-M. Fleury, A. Pelletier).
- Histoire et philosophie des mathématiques (M. Serfati, D. Rabouin, C. Schwartz, V. Debuiche).
- Sciences de la nature, métaphysique du vivant & théorie du monde empirique (F. de Buzon, A. Charrak, A.-L. Rey, J. Rolland).
- Grammaire rationnelle, philosophie du langage et de l’esprit (E. Cassan, A. Costa, J.-B. Rauzy).
- Théologie et théodicée, philosophie morale (M. de Gaudemar, P. Rateau, C. Rosler).
- Réceptions de Leibniz & néo-leibnizianisme (axe commun).
Chaque atelier se donne des objectifs et un calendrier. Par exemple, l’atelier « grammaire rationnel & philosophie du langage » entend produire en premier lieu la traduction l’introduction et les notes d’un ensemble d’opuscules qui seront aux Textes logiques et métaphysiques déjà parus aux PUF ce que la Grammaire générale et raisonnée des Messieurs de Port-Royal était à La logique. Un choix de textes parmi les opuscules de VI-iv, déjà effectué, devra être complété à Hanovre, ou en liaison avec H. Breger, par la recherche d’inédits. Les traductions seront programmées sur l’ensemble de l’année 2012, relues et critiquées par le groupe. Plusieurs séances interprétatives seront consacrées aux questions les plus générales soulevées par ces fragments : comment traduire une grammaire « générale » ? Qu’est-ce qui est purement syntaxique ? L’ensemble donne-t-il à voir une position de Leibniz quant à la nature de l’esprit et des contenus mentaux ?
La métaphysique donnera lieu également à un atelier, car elle constitue un des champs encore largement ouverts à la recherche leibnizienne. La détermination du statut même de la métaphysique comme science « réelle et démonstrative » et son rapport à ce que Leibniz appelait la science générale, science du pensable en tant que tel, dont l’ontologie est l’un des volets, sont des sujets qui ont fait l’objet de thèses au cours de la décennie passée, mais qui appellent encore des éclaircissements. Il s’agit en effet d’aborder la question de la nature du projet leibnizien : s’agit-il de fonder démonstrativement la métaphysique dans des vérités premières, ou bien seulement, selon une stratégie déployée dans le Système nouveau, de résoudre un certain nombre de problèmes philosophiques généraux (le labyrinthe du continu, les rapports de l’âme et du corps, etc.) ? D’autre part, selon les époques mais aussi selon les écrits, Leibniz a mis l’accent tantôt sur « l’analyse des vérités » tantôt sur « l’analyse des notions ». Un second axe de réflexion concerne le rôle respectif de la formulation des grands principes –de contradiction, de raison suffisante, de continuité, des indiscernables– et de l’analyse catégoriale –en particulier la distinction de l’abstrait et du concret, les catégories de la substance et de l’accident et celles relatives à l’ordre.
Cette réflexion sur la nature de l’entreprise métaphysique qu’il convient encore d’approfondir est indissociable d’une réflexion sur ce que l’historien de la philosophie peut appeler les thèses métaphysiques de Leibniz. À cet égard, certains membres du centre entendent se pencher plus particulièrement sur les conceptions leibnizienne de l’espace et du temps et de la causalité, questions nodales par excellence, puisqu’elles portent sur la nature des substances, la constitution des mondes possibles, et ont des conséquences physiques, par exemple à propos de la mesure de la force. Mais ces questions méritent une attention particulière en raison de leur permanence dans notre horizon philosophique contemporain, comme en atteste le débat entre absolutisme et relationnisme, les discussions autour des théories causales du temps, enfin le renouveau des conceptions de la causalité fondées sur la notion de pouvoirs ou dispositions.



