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Rationalités contemporaines

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L’EA Rationalités contemporaines, rattachée à l’ED V Concepts et langages a été créée en 2002 avec pour objectif de mener des recherches sur tous les problèmes touchant à la nature, l’extension et les limites de la rationalité, en adoptant une démarche résolument pluraliste et surtout tournée vers les problématiques contemporaines.

Un projet décliné en trois axes correspondant à trois composantes :

1. Philosophie des sciences et de la connaissance
Le secteur PSC regroupe les recherches effectuées au sein de l’EA dans le domaine de la philosophie des sciences et celui de la philosophie de la connaissance.

1.1 Philosophie des sciences
La philosophie des sciences est l’étude des fondements théoriques, conceptuels, et méthodologiques des sciences contemporaines, qu’il s’agisse des sciences formelles (logique, mathématiques...), expérimentales (physique, biologie...) ou sociales (économie, sociologie...). La philosophie des sciences telle que nous la concevons est étroitement liée à plusieurs aires connexes. La première regroupe la philosophie de la technologie et les « études sur la science » (y compris l’histoire des sciences), domaines que rassemble une double référence aux contenus scientifiques d’une part, à divers facteurs exogènes d’autre part. La seconde est constituée par la logique au sens le plus large, y compris des branches telles que la théorie des jeux, la théorie des probabilités ou la sémantique formelle. La troisième relève de la philosophie générale ou ontologie. La quatrième de la philosophie de la connaissance, de la philosophie de l’esprit et de la philosophie du langage. Notre équipe entend entretenir une compétence dans l’ensemble du champ, en s’appuyant notamment sur le réseau de collaboration établi de longue date avec l’IHPST, l’Institut Jean-Nicod et les laboratoires du Département d’études cognitives de l’ENS, ainsi que nos partenaires du master LOPHISC, à la fois du côté de Paris 1 (qui a co-habilité avec Paris 4 le Lophisc), et de Paris 7 ainsi que des départements de biologie, de philosophie et de sciences sociales de l’ENS.

Les compétences spécialisées de l’équipe peuvent être regroupées en trois ensembles :
(a) Philosophie générale des sciences.
Appartiennent à ce domaine les travaux de Andler, Ludwig, Pradeu sur l’émergence et la réduction, l’unité des sciences, la métaphysique des sciences et le réalisme scientifique, la nature et le rôle des modèles, ainsi que sur les processus cognitifs propres aux sciences. L’émergence est un thème auquel aboutissent les réflexions de Pradeu sur l’immunologie et sur le soi, celles de Ludwig sur la conscience, celles d’Andler sur la comparaison entre modèles des processus cognitifs ; ce sera le thème choisi pour le second colloque transversal, impliquant des intervenants de l’équipe E2.

(b) Philosophie des sciences particulières
(b1) Philosophie de la biologie.
Appartiennent à ce domaine les travaux de Pradeu sur l’immunologie, ainsi que sur la biologie du développement (en collaboration notamment avec Michel Morange, UPMC&ENS, des philosophes de l’IHPST et plusieurs biologistes de l’UPMC), avec pour objectif central de définir les notions d’individu biologique et d’organisme. Font également partie de ce domaine les travaux de Andler sur les théories évolutionnistes de la cognition et de la culture, participation au projet international de recherche « Mind and Culture » (piloté par l’Université de Sheffield).
(b2) Philosophie des sciences cognitives.
Appartiennent à ce domaine les travaux de Andler et Ludwig ; en particulier, sont explorés les thèmes de la conscience et des concepts phénoménaux (Ludwig), des représentations mentales et des théories représentationnelles de la conscience, du contexte (Andler), des modèles en sciences cognitives (Andler, Ludwig).

(c) Philosophie de la technologie et applications de la philosophie des sciences.
Travaux de Puech sur les fondements de la philosophie de la technologie, sur la bioéthique, le développement durable. Etude par Puech et par Andler des nouvelles technologies, en particulier sous l’angle de leur convergences annoncées. Groupe de travail « Compas » sur les nouvelles technologies dans l’éducation (TICE), impliquant philosophie des sciences, philosophie de l’éducation et sciences cognitives. Participation de Andler à un projet collectif sur l’application de la philosophie des sciences à l’expertise et la décision politique.

 1.2. Philosophie de la connaissance
La philosophie de la connaissance est à son tour étroitement liée, d’une part à la logique lato sensu, comprenant l’étude des systèmes formels non classiques, la sémantique formelle, la philosophie de la logique et les théories formelles de la rationalité, d’autre part à la philosophie de l’esprit et du langage, y compris dans ses liens avec la métaphysique.

Ainsi, le travail actuel de Jean-Baptiste Rauzy porte principalement sur l’abstraction et l’approximation. Il se situe au confluent de la métaphysique analytique, de la philosophie du langage et de l’épistémologie. Il envisage la question vénérable du statut métaphysique des abstractions à partir des usages et des modalités de la référence aux entités très diverses regroupées sous ce genre. Il tente à présent d’exporter les résultats obtenus vers une version de la théorie épistémique de la vérité, en analysant notamment l’accès d’un sujet connaissant à l’information pertinente, les différentes propriétés appartenant à la famille de l’assertabilité et le profil des structures d’autorisation engendrées par le savoir lui-même. Jean-Baptiste Rauzy animera dans le cadre de l’EA à partir d’octobre 2011 un séminaire intitulé « métaphysique de l’approximation ».

Par ailleurs, Andler compte approfondir sa théorie du contexte et établir un lien avec le contextualisme en philosophie de la connaissance et en philosophie du langage, en s’appuyant notamment sur les compétences de P. Ludwig. Cette théorie s’insère dans un courant actuellement très actif visant à dégager les normativités à l’œuvre dans les processus mentaux et langagiers. Andler poursuivra également ses recherches sur le savoir partiel, distribué dans la communauté et évoluant dans le temps, sans horizon de complétion, et compte achever un livre sur ce thème.

De son côté, Ludwig poursuivra son enquête sur la connaissance a priori et sa critique de l’analyse conceptuelle. Il organisera avec Pradeu un colloque international sur la question, intitulé « Connaissance métaphysique », auquel s’associeront plusieurs autres membres de l’équipe (notamment Andler, Chauvier et Rauzy). Cette question est liée à la doctrine du naturalisme philosophique, qu’Andler étudie depuis plusieurs années et à laquelle il compte consacrer un second ouvrage. 

2. Philosophie politique et éthique
Aussi bien dans le registre de la philosophie politique que dans celui de l’éthique, les principaux travaux de cette équipe se donnent pour but d’intervenir sur des problématiques qui ne sont pas simplement le produit de l’histoire de ces disciplines, mais jaillissent des sociétés contemporaines elles-mêmes. En ce sens, tout en demeurant attachés à la fondation ou à la refondation de réponses raisonnées aux interrogations sur le meilleur régime ou sur la conception du bien, les activités de recherche entreprises dans le cadre de l’équipe sont particulièrement attentives aux questions d’application :

 • Au-delà de la réflexion contemporaine sur la refondation possible de « principes de justice » capables de renouveler la représentation de la démocratie, la philosophie politique appliquée se soucie de préciser ce que deviennent de tels principes quand ils se trouvent particularisés par les champs de réalité auxquels ils s’appliquent (droit des minorités linguistiques et culturelles, justice générique, droit des enfants, droit à l’alimentation, politique universitaire, etc.).

 • Au-delà des débats éthiques et méta-éthiques sur les principes fondamentaux de la raison pratique (éthiques déontologiques vs éthiques téléologiques, idéalisme moral vs réalisme moral, kantismes contemporains vs néo-aristotélismes, éthiques du devoir vs éthiques de la vertu), l’éthique appliquée prend en charge les interrogations que fait surgir sur ces principes eux-mêmes leur mise en œuvre dans des sphères aussi différenciées que celles de l’éthique médicale, de l’éthique des affaires, de l’éthique de la communication, etc.

3. Observatoire européen des politiques universitaires
Composante de Rationalités contemporaines pour le contrat quadriennal 2010-2013 et doté d’un budget spécifique, l’Observatoire européen des politiques universitaires (OEPU) a été créé en 2004 à l’Université de Paris-Sorbonne, à l’initiative d’Alain Renaut (qui en est le directeur). Il bénéficie d’une Ingénieure de recherche titulaire et, depuis sa naissance, de deux postes d’Attachés temporaires d’enseignement et de recherche (ATER) fléchés « Politiques universitaires », régulièrement réattribués à des doctorants ou post-doctorants.

L’OEPU réunit régulièrement sa douzaine de membres déclarés pour les séances mensuelles d’un séminaire de recherche sur invitation. Il a organisé plusieurs journées d’études et un vaste colloque international en 2009 sur le thème « Définir et mesurer le développement académique ». Il accueille aussi dix doctorants, français ou étrangers, qui lui sont rattachés. Tout en maintenant ses autres axes de recherche (gouvernance des universités, économie de l’université, insertion sociale des étudiants, approche comparative des systèmes européens), l’Observatoire a construit, sur la lancée du colloque de 2009, un programme de recherche « Inégalités de développement académique » (IDA), actuellement en cours d’évaluation. L’OEPU est coordonnateur de ce programme, avec pour partenaires internes le Centre de Recherche en Économie et Management (CREM) de l’Université de Basse-Normandie et l’Observatoire des sciences et des techniques (OST). Collaborent à ce projet quatre équipes étrangères, avec lesquelles interviennent des échanges de chercheurs et de doctorants : l’Observatoire de l’Enseignement Supérieur et des Politiques universitaires (Buenos-Aires, Université San Martin) ; la Cellule d’Analyse Stratégique des Universités (CASU) de l’Université de Liège ; le Centre Interuniversitaire sur la science et la technologie (CIRST, UQAM), dédié à l’étude des dimensions historiques, sociales, politiques, philosophiques et économiques de l’activité scientifique et technologique ; l’Observatoire des Sciences et des Technologies (OST, Montréal), qui assure une activité de production et analyse de données dans le domaine du développement scientifique et technologique.

Le programme IDA vise une approche plus objective et diversifiée des performances des systèmes d’enseignement supérieur et de recherche (SESR). Le programme participe, dans le domaine du progrès et de l’innovation académiques, de la vaste démarche qui vise dans beaucoup de sociétés à mettre en place, sous forme d’indicateurs et d’indices spécifiques, des instruments nécessaires à un pilotage rationnel du progrès social ou du développement humain, conçus comme ne se réduisant pas à l’amélioration du PIB et à la croissance économique. Sur ce programme et les différentes réalisations en cours, se reporter au site : http://www.oepu.paris-sorbonne.fr

La recherche en chiffres

750 enseignants-chercheurs

230 professeurs

2300 doctorants

300 thèses par an 

Actualités

Contacts

Maison de la Recherche
28, rue Serpente
75006 PARIS
Tel. 01 53 10 57 00