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CeRAP - Centre de recherche sur l’Amérique préhispanique

Présentation Equipe Programme

CeRAP - Centre de recherche sur l’Amérique préhispanique EA 3551

Unité de Recherche commune à Paris-Sorbonne (Paris IV) et l’EHESS

 

Responsables du Centre :

 

Le Centre de recherches sur l’Amérique préhispanique (CeRAP) est un centre commun à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV). Il est né en 2000 de la fusion des activités du Centre de recherche associé à la chaire de Christian Duverger à l’EHESS et de celles développées après 1998 autour de la chaire d’archéologie préhispanique de Daniel Levine à l’Université Paris- Sorbonne. Il a été labellisé en 2006 par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche sous l’intitulé EA 3551.

Il a pour mission d’étudier les sociétés de l’Amérique préhispanique, à partir du 2° millénaire avant notre ère. Le XVI° siècle, siècle du contact avec le Vieux Monde et de la colonisation espagnole, est inclus dans le périmètre scientifique des recherches du CeRAP.

Les activités de recherche sont adossées à des enseignements, tant à l’EHESS qu’à l’Université Paris- Sorbonne (licence, master, doctorat).

La particularité de l’approche du CeRAP est qu’elle ne se limite pas à une aire géographique particulière. Les recherches qui y sont menées portent aussi bien sur le monde andin que sur le monde méso-américain, sans négliger la région taïno (caraïbe), le bassin amazonien ou le Sud-Ouest américain. Il s’agit de sortir des échelles micro régionales ou même nationales qui marquent toute l’archéologie américaniste depuis le XIX° siècle car elles sont le produit des nationalismes des siècles passés et ont occulté les réalités préhispaniques. Le régionalisme archéologique a masqué les dynamiques culturelles d’ensemble tout en ignorant les anciennes frontières. En étoffant l’assise du savoir archéologique, la perspective du CeRAP, qui ne spécialise ses étudiants sur une aire culturelle donnée qu’au niveau de lathèse, permet de retrouver l’articulation de la chronologie préhispanique grâceà l’identification de concomitances en plusieurs aires géographiques ; elle permet de mieux lire les circuits d’échange transaméricains ; elle permet surtout de mieux prendre en compte l’idiosyncrasie des peuplesindigènes. L’analyse du monde américain ancien à partir du cadregéopolitique du XIX° siècle a en effet induit une perception « occidentale » des sociétés autochtones, par exemple quant à la manière d’occuper un territoire, de créer une ville ou de faire fonctionner une société. Et cette perception gauchie a jusqu’à ce jour limité notre compréhension des phénomènes préhispaniques.

Une autre caractéristique méthodologique mise en œuvre par le CeRAP tient au statut des sociétés préhispaniques. Jusqu’à présent, le monde précolombien était classé dans la catégorie « préhistoire », l’histoire ne prenant corps qu’avec l’arrivée des Espagnols. De cette classification découle toute une vision de l’Amérique ancienne, enracinée dans le primitivisme : on a voulu y voir des sociétés sans Etat et sans écriture, à la notable exception des Mayas, installés de fait dans un isolat culturel peu crédible. Observons que cette perception « préhistorique » persiste dans de nombreux secteurs institutionnels.

Le CeRAP considère au contraire que les sociétés préhispaniques constituent des sociétés complexesdès le second millénaire av. J.-C. où sont repérables les premières traces d’écriture qui vont de pair avec les débuts de l’Etat. Le CeRAP s’intéresse donc à des sociétés historiques, qui ont généré leurs propres archives, conçu une philosophie élaborée, développé une grande activité monumentale et organisé leur vie sociale selon des principes d’extrême complexité.

De ce fait, l’un des axes forts des recherches du Centre touche à la thématique de l’écriture. Nous appelons « écriture » le système graphique employé dans l’Amérique ancienne, qui est à la fois iconique et idéographique. On y transcrit fondamentalement des contenus sémantiques et non des phonétisations. Et ce, à l’aide d’un système iconique qui peut, sans changer de nature, osciller du signe abstrait (glyphe) à la représentationfigurative, les deux pouvant d’ailleurs se combiner. C’est en raison de son apparence artistique ou « décorative » que l’écriture préhispanique n’a pas été reconnue comme telle. Mais les travaux du Centre permettent maintenant de lire une grande partie des contenus peints, gravés ou sculptés, en particulier en Méso-Amérique pour laquelle nous disposons des grilles de lecture sauvegardées au moment de la Conquête.

Enfin, les recherches du CeRAP sont résolument ancrées dans la pluridisciplinarité. L’archéologie est une méthode de récupération de données qui se suffit rarement à elle-même. Prises isolément, ces données ne livrent que des indices matériels : c’est l’anthropologie et l’histoire qui en autorisentl’interprétation. Pour cette raison, la part consacrée à l’ethnohistoire estimportante ; plusieurs types de documents font l’objet d’études : chroniques du XVI° siècle rédigées en espagnol ou en langues indigènes, manuscrits pictographiques assortis ou non de commentaires, enquêtes ethnographiques, cartes et plans « historiés » à la manière indigène, vestiges architecturaux (palais,couvents), etc. La connaissance des langues indigènes, nahuatl, maya, otomi,chibcha, quechua, aymara, taïno, se révèle une contribution déterminante à la compréhension en profondeur des sociétés qui sont au cœur de nos recherches. Cette dynamique s’accompagne d’un travail épistémologique sur la discipline américaniste afin d’identifier la part des filtres occidentaux qui ont trop souvent déréalisé le monde préhispanique.
 

Plan d'accès

Contacts

Contact : cerap@ehess.fr

Coordonnées postales :
CeRAP, EHESS
10 rue Monsieur-Le-Prince, 75006 Paris.

Tél. : 01.53.10.54.47 – Fax : 01.44.41.46.79