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Un livre / Un étudiant

Roy (Master Littérature comparée) - "La ville et les chiens"


La ville et les chiens (La ciudad y los perros) est le premier roman de l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de Littérature en 2010. L’histoire raconte la vie d’un groupe de garçons qui viennent de commencer leurs études de troisième année au Lycée Militaire « Leoncio Prado ». Les premiers jours sont durs pour eux, ils se sont fait agresser par les étudiants de quatrième. Les professeurs du lycée connaissent ces agressions, mais ils ne font rien. Au fond, ils pensent que pour devenir un homme il faut lutter et apprendre à se défendre. Les nouveaux élèves se retrouvent tout seuls. Ils savent que rien ni personne ne les protègera. Donc, ils se regroupent autour de l’élève le plus fort, Le Jaguar, et ils décident de créer une bande pour répondre aux agressions par les étudiants plus âgés.

 

« Le Jaguar acquiesça.

- Oui, dit-il, il faut se défendre. On se vengera des types de quatrième. On leur fera payer cher leurs plaisanteries. Ce qui compte c’est de se rappeler leur figure et, si c’est possible, leur section et leur nom. Il faut nous tenir toujours en groupe, on se réunira la nuit, après le couvre-feu. Ah ! et puis on cherchera un nom pour notre bande.

- Les Faucons ? insinua quelqu’un, timidement.

- Non, dit Le Jaguar, ça a l’air d’un jeu. On l’appellera " Le Cercle" »

 

 

Les membres du « Cercle » sont très organisés et rapides : en quelques jours, ils se sont déjà vengés de la plupart des élèves de quatrième. Bientôt, personne ne les dérange plus, « Le Cercle » a gagné la guerre. Il leur a fallu un certain de temps pour aimer le pouvoir et maintenant ils veulent le garder. Ils commencent à faire du trafic de cigarettes, à voler et à frapper les étudiants les plus faibles. Le Jaguar, Le Boa et Cava, les principaux membres du « Cercle », ont instauré un petit royaume dans le Lycée Militaire où les plus fragiles doivent obéir sans poser de questions. Néanmoins, un jour, un élève expose une faute grave commise par « Le Cercle »...

Quelle sera la punition du Jaguar, l’élève le plus violent de troisième ? La vérité suffit-elle pour lutter contre la violence ? Comment ce système scolaire pourrait-t-il protéger un élève faible s’il ne s’intéresse pas à lui ?

Ce sont quelques questions que le roman de Vargas Llosa nous pose. Il a très bien connu la vie à « Leoncio Prado », parce qu’il y a passé deux ans comme élève. Pour lui, la vie dans ce Lycée Militaire symbolise la vie dans la ville, un terrain où l’on doit devenir violent, hypocrite et machiste pour survivre dans une société corrompue.

Lorsque le roman est paru au Pérou en 1962, les militaires de « Leoncio Prado » ont brulé des centaines d’exemplaires dans le patio du Lycée Militaire. Mais, plus de cinquante ans après sa publication, La ville et les chiens reste un des romans les plus célèbres de la littérature latino-américaine.

 

Camille (Master Lettres Classiques), "Rhinocéros"

 

Tout semble paisible dans la vie de Bérenger, il a des amis, une fiancée, un travail. Le personnage emblématique de l’œuvre d’Eugène Ionesco, se retrouve incrusté dans un cadre des plus banals. Mais c’était sans compter sur l’irruption bruyante, effrayante et, n’ayons pas peur des mots, absurde d’un rhinocéros en plein centre-ville. « Cela ne devrait pas exister », s’étonne même l’épicier. Mais une fois le choc passé, le nombre d’animaux augmente, tandis que le nombre d’habitants ne cesse de décroître. Voilà l’histoire que Ionesco offre à la lecture. C’est cette intrigue déroutante qui m’a tout de suite attirée et donné envie de lire cette pièce.

En plus de mettre en mot une histoire des plus originales, Ionesco signe avec Rhinocéros, une pièce à la dramaturgie riche, qui se dévoile tout au long de la lecture. Une scène m’a particulièrement marquée, celle de la transformation en rhinocéros de Jean, l’ami de Bérenger. On retient son souffle en lisant ces pages au rythme saccadé et rapide, marqué par les entrées et sorties incessantes de Jean, dont chaque retour sous les projecteurs met en lumière une nouvelle étape de la métamorphose. Cette scène n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, et contribue, à mon goût, à nous faire prendre du plaisir en découvrant, ou redécouvrant, l’œuvre.

« Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas ! »

A tout cela, se mêle astucieusement la dénonciation de l’idolâtrie et des totalitarismes en plein cœur du XXème siècle, incarnés par la terrible épidémie de « rhinocérite » qui ensorcelle plus qu’elle ne contamine les habitants. Cri de résistance ou aveu de folie de Bérenger face à une ville qui s’est laissée conquérir par cette étrange maladie, personne ne sait, mais ce magnifique personnage, dernier humain, esprit libre, ne cédera jamais à la tentation de ressembler à tout le monde.

C’est une œuvre théâtrale d’une incroyable richesse, et captivante que j’ai choisie de vous présenter, et qui n’a fait qu’accroître mon amour pour la littérature de ce siècle.

Clara (Master Littérature française) - "Le Hobbit".

« Si Le Hobbit m’était conté... »

« Dans un trou vivait un hobbit  »... Ainsi commence le récit des aventures de Bilbo Baggins, et ainsi commence notre voyage, au côté du semi-homme, dans l’univers de Tolkien.

Le lecteur, probablement installé dans un fauteuil moelleux s’identifiera aisément à Bilbo Baggins, hobbit des plus respectables, n’aspirant qu’aux plaisirs simples de la vie et fuyant les aventures ! 
Mais c’était sans compter sur son « côté Took », cette petite flamme aventurière qui ne demandait qu’à être attisée par la visite surprise d’un magicien à barbe grise et une compagnie de treize nains en quête de leur ancien trésor, farouchement gardé par Smaug le dragon.

Sans comprendre comment, voilà Bilbo jeté sur des routes inconnues ! De trolls en gobelins, d’araignées géantes en dragons, vous voilà engagés dans une aventure inattendue, véritable rite initiatique pour celui qui n’est, après tout « qu’un minuscule individu dans le vaste monde ».

« Dans un trou vivait un hobbit »... Chaque fois que j’entends ces mots, je retrouve une voix qu’on n’entend plus assez à mon goût : celle du conteur. C’est cette voix, pleine d’humour et de chaleur, qui maintient en haleine les petits et les grands. Retrouver cette littérature de la voix, c’est oublier, pour un temps, notre rapport critique d’adulte à la lecture, pour retrouver le plaisir primitif d’écouter des histoires merveilleuses.

Mais au-delà de la voix du conteur, on entend, déjà, résonner la beauté des langues, des mythes et des paysages créés par Tolkien, qui façonneront l’ensemble de son œuvre. On se plaît à découvrir, en suivant l’itinéraire de Bilbo sur les cartes, une partie du vaste univers modelé par le démiurge de génie qu’était Tolkien. En cela, Le Hobbit est une magnifique porte d’entrée dans l’univers de l’auteur, une porte d’entrée « tout à fait ronde comme un hublot, peinte en vert, avec un bouton de cuivre jaune bien brillant, exactement au centre …. ».

Alors ? Le Hobbit, conte pour enfant ? Peut-être. Mais pas uniquement.

Car c’est une belle histoire que celle d’un jeune être qui, après avoir eu le courage de quitter le connu pour l’inconnu, revient en son pays, à jamais changé, et se fera écrivain et conteur de sa propre histoire.

À chaque fois que je referme Le Hobbit, je retrouve l’énergie de l’enfance, mon « côté Took » et je ressens l’envie de me lancer dans une belle et grande aventure. Et comme Bilbo, lorsque je reviendrai, je me ferai peut-être conteuse, qui sait.... En un mot, lire Le Hobbit quand on a vingt ans, c’est redevenir un enfant pour mieux devenir adulte.

« Ceci est le récit de la façon dont un Baggins eut une aventure et se trouva dire et faire les choses les plus inattendues. Il se peut qu’il y ait perdu le respect de ses voisins, mais il y gagna... eh bien, vous verrez s’il y gagna quelque chose en fin de compte  »

Sabrina (Master Littératures comparées), "Cyrano de Bergerac"

J’aimerais présenter mon œuvre favorite : Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Cyrano de Bergerac est une œuvre qui exalte les valeurs de l’héroïsme et qui donne à tous le « courage d’être des héros » et « d’être admirable, en tout, pour tout ».

Ce livre me tient à cœur dans la mesure où il m’a véritablement donné le goût de la littérature. Déscolarisée pour phobie scolaire, je tombe par hasard sur un extrait du "baiser de Roxane" de Cyrano de Bergerac. Dès lors, je laisse définitivement de côté mes études d’économie et trouve le courage de reprendre des études en littérature pour mon plus grand plaisir.

Baiser. Le mot est doux !

Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l’ose ;

S’il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?

(...)

Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ?

Un serment fait d’un peu plus près, une promesse

Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,

Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer ;

C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,

Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,

Une communion ayant un goût de fleur,

Une façon d’un peu se respirer le cœur,

Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme !

J’aurais pu seulement recommander cette œuvre comme une simple pièce de théâtre sentimentale très plaisante à lire. Mais selon moi, Cyrano de Bergerac incarne bien plus que cela.

Cyrano, c’est avant tout l’Honneur, la Bravoure, la Gloire, la Liberté, l’Amour : c’est un idéaliste absolu :"Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances.", prêt à se battre pour sa liberté "Empanaché d’indépendance et de franchise". Un homme courageux qui a le sens de l’honneur :"Je ne sortirais pas avec, par négligence, un affront pas très bien lavé".

Mais surtout c’est un être profondément amoureux. Il est l’expression du véritable amour, simple, généreux, fort, pur, noble, absolu : "Qui m’envahit, terrible et jaloux, c’est vraiment De l’amour, (.. ) et pourtant il n’est pas égoïste ! Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien, Quand même tu devrais n’en savoir jamais rien(...)"

Mais c’est aussi l’histoire tragique d’un homme disgracieux, qui comprend que son amour ne sera pas partagé : "Aïe ! au cœur, quel pincement bizarre ! - Baiser, festin d’amour dont je suis le Lazare !"

Ainsi, Cyrano de Bergerac est l’archétype du héros romantique : grotesque par sa disgrâce physique mais sublime par la beauté de ses écrits, de sa bravoure et de son sens du sacrifice. Il est un personnage d’exception qui décide de vivre loin des conventions et qui prône sa conception philosophique de la vie.

Arame (Licence de Sociologie) - "La bâtarde d’Istanbul"

J’ai choisi La Bâtarde d’Istanbul d’Elif Shafak.

Ce roman brise le tabou de l’un des thèmes les plus controversés de l’Histoire Ottomane : le Génocide Arménien. Avec justesse, et toujours beaucoup d’humour, Elif Shafak confronte différents points de vue : nationalistes turques, arméniens de Turquie ou de la diaspora, nihilistes...

L’auteur nous plonge dans la vie de deux familles aux histoires liées : les turcs Kazanci et les Tchakhmakhchian, survivants arméniens. La bâtarde d’Istanbul est une jeune fille nommée Asya vivant parmi les femmes Kazanci, famille où les hommes meurent prématurément. Le dernier Kazanci est Mustafa, oncle d’Asya, installé aux Etats-unis. On entrevoit un à un les douloureux secrets de famille lorsqu’Amy, fille adoptive de Mustafa arrive à Istanbul, guidée par sa quête identitaire. Son arrivée déclenche chez les Kazanci, la réminiscence des drames personnels et historiques qui ont jalonné leur vie. Le récit se termine par un nouveau drame familial qui cette fois semble clore définitivement une histoire entamée des siècles auparavant.

« Les histoires de famille s’entremêlent de telle sorte que des événements survenus il y a plusieurs générations peuvent influer sur le présent. Le passé n’est jamais mort et enterré. »

J’ai choisi ce livre parce qu’il est touchant sans que l’histoire soit pathétique.

Il décrit le déchirement des descendants de survivants Arméniens issus de la diaspora : des hommes et femmes partagés entre leur culture d’origine entachée de douleur et leur culture d’adoption ; un poids auquel vient s’ajouter celui du devoir de mémoire. J’ai aimé cette incursion dans la culture turque et la profondeur des personnages.

De plus, il a valu à Elif Shafak des poursuites pénales pour « insulte à l’identité nationale ». Si je l’ai aujourd’hui entre les mains, c’est parce que de nombreuses personnes de toutes nationalités et confessions se sont mobilisées pour que l’auteure soit acquittée. Cela ajoute une valeur symbolique à ce grand roman qu’est La bâtarde d’Istanbul !

Clément (Master Édition) - "La salle de bain"


La salle de bain, de Jean-Philippe Toussaint.


Le livre que j’ai choisi est La salle de bain, de Jean-Philippe Toussaint. Premier roman, sorti en 1985, d’un auteur qui est devenu très connu par la suite : « je suis célèbre, mais personne ne le sait », comme il le dit lui-même.

"Il m’arrivait parfois de me réveiller en pleine nuit sans même ouvrir les yeux. Je les gardais fermés et je posais la main sur le bras d’Edmondsson. Je lui demandais de me consoler. D’une voix douce, elle me demandait de quoi je voulais être consolé. Me consoler, disais-je. Mais de quoi, disait-elle. Me consoler, disais-je (to console, not to comfort).

 

 

Bref roman que les Japonais adorent, La Salle de bain est l’histoire d’un homme qui reste allongé dans sa baignoire, puis se lève, rencontre deux peintres polonais, part à Venise, est rejoint par sa fiancée, lui envoie une fléchette dans le crâne. Enfin, il renonce à jouer au tennis.

J’ai été époustouflé par ce livre, que j’ai découvert dans la bibliothèque de gens dont je gardais la petite fille, il y a quelques années. Il m’a donné envie de lire toute l’œuvre de Toussaint. Je l’ai trouvé tour à tour drôle, mélancolique, précis, sagace, et d’une liberté folle.

Cette langue aiguë, qui ne déborde jamais, est pourtant d’une sensualité extrême, et je crois que beaucoup d’écrivains de ma génération ont été marqués par l’écriture de Jean-Philippe Toussaint, qui vient de publier un nouvel opus, parfaitement dans sa veine : Football.

 

Léonard (Licence Lettres Modernes) - "Dans la solitude des champs de coton"

 



Dans la solitude des champs de coton, de Bernard-Marie Koltès

 

J’ai choisi La solitude des champs de coton de Koltès car il a su trouver les bons instruments pour parler de ce qui nous touche le plus, même s’il ne le fait pas toujours d’une manière réaliste ! Chez Koltes, malgré une écriture choc, on ne sent jamais le désespoir.

Cette pièce de théâtre tire sa puissance de l’atmosphère glaçante et oppressante de deux solitudes antagonistes. Elle nous plonge dans l’abîme de l’âme humaine et de ses interactions : un duel entre chien et loup où les mots sont des armes.

Les échanges entres les personnages dévoilent ce qu’exulte le corps dans la séduction, abordant les méandres de la question du désir, du choix et de la séduction. Leur relation est éphémère mais violente, tout comme les interactions humaines où l’on cherche à séduire et pervertir pour créer l’envie.

 

" Le client : Je ne marche pas en un certain endroit et à une certaine heure ; je marche, tout court, allant d’un point à un autre, pour affaires privées qui se traitent en ces points et non pas en parcours ; je ne connais aucun crépuscule ni aucune sorte de désir et je veux ignorer les accidents de mon parcours. "

 

 

Ce microcosme renferme tout ce qui façonne l’âme humaine et reflète nos plus viles émotions primaires, qui sont, en un mot, notre animalité. La pièce est construite de manière ascendante : l’ambition affichée du dealer est d’obliger le client à se dévoiler par tous les moyens, à répondre au manque fondamental, à cracher un peu de sa vérité.

C’est le dévoilement de cette vérité, notre vérité enfouie, que seul l’individu concerné peut désirer connaître. Vendre et créer le désir est le propre de la société dans laquelle nous faisons partie.
Chez Koltès, le désir profond qui anime les personnages dans leur danse macabre est une mise à mort symbolique de chacun par l’autre. La question est de savoir qui résistera le mieux aux coups et qui arrivera à déposséder l’autre dans la durée pour le déguster. Jean Baudrillard se plaisait à penser que « chacun veut son autre ».

 

8.Elodie (Licence LEMA) - "Le Baron perché"

 

 

Le Baron Perché, de Italo Calvino.

Le livre qui, chez moi, a provoqué cet engouement littéraire qui m’a fait quitter ce que je croyais être le chemin à suivre, est un conte. Celui d’Italo Calvino, Le Baron Perché.

Un jeune baron monte dans un arbre pour ne plus jamais en descendre. Son frère racontera sa vie, vécue en parallèle du monde. De là-haut, il vivra toutes les aventures et accomplira tous les exploits, à croire que rien n’est impossible à la volonté humaine.

 

« C’était une broderie faite sur du néant comme ce filet d’encre que je viens de laisser couler, […] qui achoppe, qui recommence […] et court, court se déroule pour envelopper un grappe insensée de mot, d’idée de rêve - et c’est fini. »

 

 

En plus d’une histoire fascinante rendue à la manière d’une légende, on peut voir différents niveaux de compréhension de l’ouvrage. À la première lecture, c’est le conte qui saute aux yeux et fascine le lecteur, puis c’est la réflexion philosophique qu’induit la vie de ce petit baron et son obstination. Le style est clair, la prose est belle, le conte est touchant. C’est le genre de livre qu’on peut regarder après l’avoir fini en se disant : c’est mon livre préféré.

 

Ludovic (Master Mondes médiévaux) - "Les Aventures de Guilhem d’Ussel, Chevalier Troubadour"


Les Aventures de Guilhem d’Ussel, Chevalier Troubadour
de Jean d’Aillon.

Cette saga fascinante, constituée d’intrigues policières se déroulant dans différentes villes européennes, ne vous laissera dormir en paix qu’une fois la dernière ligne lue ! Elle retrace les aventures d’un homme au passé sombre et tumultueux qui prend le nom de Guilhem d’Ussel pour fuir les événements de sa jeunesse. 

 

 

Les événements relatés dans les livres ainsi que les personnages, sans oublier les plats servis durant les repas, sont presque tous attestés par les manuels que nous feuilletons dans les recoins de nos bibliothèques universitaires. Jean d’Aillon accompagne toujours la fin de ses œuvres d’un court chapitre intitulé Le vrai et l’imaginaire avant de donner au lecteur une bibliographie.

Enfin, l’aspect qui me plaît le plus dans ces livres, c’est quand on retrouve dans les dialogues et les chansons d’amour des expressions du XIIIe siècle. C’est à ces moments-là que je retrouve le style du Roman de la Rose, de Galeran, de L’Escoufle, d’Aucassin et Nicolette.

 

"Cette nuit dans le cachot rappela à Guilhem de terribles souvenirs. La dernière fois qu’il s’était ainsi trouvé enfermé, il avait quinze ans. [...] La peur de Mercadier serait-elle suffisante pour qu’on le laisse partir ? Il l’espérait. Béatrix n’avait-elle pas promis qu’on allait le libérer ? Mais pouvait-il compter sur elle ? Sinon, il tenterait le tout pour le tout." Dans L’évasion de Richard Cœur de Lion et autres aventures.

Emma (Licence Histoire de l’Art) - "Critères esthétiques et jugement de goût"


J’ai choisi de vous parler de Critères esthétiques et jugement de goût de Yves Michaud.

C’est le premier livre que l’ai lu à propos de l’art ne portant pas sur les œuvres elles-mêmes mais sur l’art et ses multiples perceptions.

Etudiante en Histoire de l’Art, il était important pour moi d’interroger l’Art, de le définir et d’essayer de le comprendre. La notion de « beau » est au centre de l’ouvrage : quels objets sont des œuvres d’art et pourquoi ? Yves Michaud traite des critères, du jugement esthétique et de la norme du goût.

 

 

 

C’est un remarquable essai esthétique qui nous permet de comprendre que le jugement artistique se forme en fonction de l’expérience, de critères et de normes. Cette œuvre m’a séduite dans sa manière d’amener le lecteur au cœur des questionnements de l’auteur venant à s’interroger lui-même sur ses propres perceptions. Mon regard sur l’art m’appartient-il réellement ?

 

Un des passages de l’ouvrage qui m’a marquée est celui qui aborde la multiplicité des jeux de langage. Ils sont perçus comme des « systèmes de communication » dépendant de modalités d’apprentissage chaque fois particulières selon les objets et les contextes :

 

«  On oublie trop facilement que l’énoncé du jugement esthétique est à la fois personnel et inscrit dans un jeu de langage partagé.

Au départ, dans l’expérience que quelqu’un fait d’un objet, il se forme un jugement d’appréciation. Ce jugement se forme avec les moyens du bord, sous la forme le plus souvent rudimentaire d’un « j’aime ou j’aime pas » pour se développer par la suite dans un jeu de langage plus ou moins hasardeux en fonction des ressources dont dispose celui qui s’exprime. C’est ainsi que s’élaborent les critères. »

 

Ce livre aborde dans une démarche simple et compréhensible des notions complexes, ce qui permet d’enrichir spirituellement et intellectuellement son lecteur.

Ana Clara (Master Conseil éditorial) - "Lettres parisiennes"

J’ai choisi de vous parler de Lettres Parisiennes de Nancy Huston et Leïla Sebbar.

Il s’agit du premier livre que j’ai lu en français. Deux romancières exilées à Paris (Nancy Huston vient du Canada et Leïla Sebbar d’Algérie) échangent des lettres autour des thèmes du déracinement, du bilinguisme, du sentiment de perte qui naît de l’exil, même lorsqu’il ne s’agit pas d’un exil obligé.

Cette oeuvre m’a beaucoup marquée, car elle était à la fois une traduction poétisée de mes sentiments en tant qu’étrangère récemment arrivée en France, et un défi car je lisais pour la première fois en français.

Le passage le plus marquant, à mon avis, exprime ce qu’est vivre en tant qu’étranger dans une ville comme Paris. Nancy Huston compare ce sentiment avec la littérature, la langue française et la distanciation de tout ce qui nous est familier :

« Vivre en France, pour moi, c’était choisir d’“étrangeïser” toutes mes habitudes : ma vie sociale, ma vie intime…C’était faire de toutes ces choses une source d’étonnement perpétuellement renouvelée…”

“Mais n’est-ce pas cette distanciation même qui constitue la littérature ? Notre écriture ne vient-elle pas de ce désir de rendre étranges et étrangers le familier et le familial, plutôt que du fait de vivre, banalement, à l’étranger ?

“Mais qui sait ? Peut-être qu’un jour j’admettrai que le sortilège de la langue française est aussi fantomatique que celui de l’exil, et que le seul écart indispensable est celui du geste littéraire lui-même ? À ce moment-là, anything can happen, non ?”

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Pour participer à cette série "Un livre, un étudiant", les étudiants de Paris-Sorbonne peuvent écrire à communication@paris-sorbonne.fr